[Aléas climatiques] Lionel Lacombe est à la fois maraîcher et maire de la commune du Fleix. Il a dû faire face à la tempête Nils qui n’a épargné ni sa commune ni son exploitation maraîchère. Il revient sur cet épisode.
Le soleil et la douceur sont revenus en Dordogne et particulièrement sur la commune du Fleix. Ce ne fut pas le cas, les 11 et 12 février, au moment du passage de la tempête Nils. Cet épisode météorologique a mobilisé Lionel Lacombe qui cumule les fonctions de maire de la commune mais aussi de maraîcher.
« Sur la commune, nous avions vécu les tempêtes de 1999 et 2009. Cette année, malgré la vitesse du vent qui a atteint près de 111 km/h, je dois avouer que nous n’avons pas subi de dégâts importants sur la commune. Cela tient en grande partie aux travaux d’enfouissement des lignes électriques mais aussi grâce à l’installation des transformateurs électriques au sol et non plus en haut des poteaux », remarque-t-il. Néanmoins, ses administrés sont tout de même restés quatre jours sans électricité. « Très rapidement, il a fallu déblayer les routes de la commune et faire le bilan des lignes électrique tombées. Mais nous ne pouvions pas déclencher notre plan communal de sauvegarde car la mairie n’avait pas de courant et les réseaux mobiles ne fonctionnaient pas non plus. Cet élément n’avait pas été imaginé dans notre plan », explique le maire avec le sourire. Une fois le courant revenu à la mairie, ce plan a pu être mis en place, ce qui a permis de contacter les relais de quartier mais aussi les administrés possédant des tronçonneuses et des groupes électrogènes pour alimenter les habitants en électricité.
Des dégâts matériels
« Forte de cet épisode, la commune va s’équiper d’un groupe électrogène important pour alimenter la mairie et la salle des fêtes attenantes, et nous envisageons de doter les élus et les relais de quartier de talkie-walkie », analyse le premier édile.
Parallèlement, Lionel Lacombe, maraîcher depuis 1992 sur une exploitation fruits et légume de 52 ha, a subi le coup de vent qui a endommagé l’un de ses tunnels. « Ce tunnel devait normalement nous servir dans les prochains mois pour nos 30 000 plants de melons. C’est une serre toute neuve installée l’année dernière qui est désormais inutilisable car la structure est tout aplatie », se désole-t-il. Faute d’outil de travail disponible, le maraîcher va devoir externaliser cette partie chez un prestataire, ce qui va impacter directement sa trésorerie. Calculette en main, il chiffre déjà les dégâts : « De mon point de vue, il va me falloir 3 500 euros pour racheter un tunnel et le surcoût des plants est évalué 3 000 euros supplémentaires. Mais ce n’est pas au moment de la commercialisation que je vais pouvoir répercuter ce coût, les consommateurs ne l’accepteront pas », déplore-t-il.
Une perte sèche pour lui d’autant que ce préjudice pour ce type d’outil de travail n’est pas indemnisable, selon lui. Mais loin d’être abattu, l’agriculteur prend cet épisode avec philosophie. « Je ne vais pas me plaindre, car si on compare à la tempête de 1999 où j’avais eu beaucoup de trous dans mes toitures, les dégâts cette année sont minimes. »