[Journée Cuma] Au cœur d’un verger de noyers, la FD Cuma et les partenaires ont fait un tour d’horizon des techniques de destruction de couverts végétaux, notamment la féverole, et du diagnostic de la fertilité des sols.
Qui pense travail de Cuma imagine engins agricoles, machinisme, puissance en chevaux et efficacité. Mais l’ouverture de la journée du 22 mai, à Granges-d’Ans, a montré que la mission de la FD Cuma ne saurait se limiter à ça.
« Regarder ce qu’il y a en dessous de la surface du sol vous permet d’optimiser vos passages d’engins« , remarque Angèle Casanova, conseillère en agronomie et arboriculture, du fond de la fosse dans laquelle elle a pris place pour expliquer l’importance de l’observation de la fertilité des sols. « Il est important de savoir ce que l’on a sous nos pieds pour choisir le meilleur outil mais aussi bien le régler« , insiste Bertrand Langlois, directeur de la FD Cuma, qui apprend aussi de ces observations : « Par exemple pour nos propres outils, l’idée est de raccourcir les dents de 80 à 60 cm pour travailler plus en surface et augmenter les terres arables par le dessus« . Car, Angèle Casanova souligne : « Le sol compacté est la première problématique. Si on parvient à la débloquer, on va réussir à débloquer nombre d’autres choses ensuite.«
En l’occurrence, pour procéder à un diagnostic au champ, la conseillère l’assure : « Vous n’avez pas besoin de beaucoup d’outils. Il vous suffit, pour commencer de faire une analyse physique en observant le paysage et la surface de votre parcelle. Puis, vous pouvez procéder à un test bêche, en prélevant 20 cm3 de terre. » Constater un état grumeleux ou anguleux de sa motte, compter le nombre de galeries de vers de terre sont autant de repères pour évaluer la structure et l’état de compaction du sol.
Nombre de passages
En verger de noyers, le fissurateur prend ainsi tout son sens, sur des sols où le tassement est propice. « Il pèse environ deux tonnes. Les dents sont droites pour venir aérer la terre et non l’éclater. Le meilleur système est celui où le rouleau compte de nombreuses dents. Derrière, le sol n’est pas soulevé, juste relevé au niveau de la dent ; ce qui permet d’intervenir rapidement pour travailler juste après son passage« , explique Rodolphe Deffieux, animateur de la FD Cuma.
L’implantation d’un couvert comme la féverole pourrait avoir lieu très vite après avoir passé le fissurateur, comme l’a fait Patrice Teillet sur cette parcelle. Reste à détruire le couvert. Un rouleau Faca, un gyrobroyeur vertical, un déchaumeur et un broyeur en chevron hélicoïdal étaient en démonstration grandeur nature, sur la féverole qui a grandement poussé depuis son implantation en octobre dernier.
« Le nombre de passages nécessaires pour arriver à bout du couvert est important. Aujourd’hui, au prix du carburant, les économies à faire à ce niveau sont décisives« , affirme Rodolphe Deffieux.