Décarboner les énergies

La centrale photovoltaïque alimente l'entreprise Emmi Dessert depuis le 23 janvier. Elle produit une énergie verte dont le tarif est bloqué pendant 20 ans. (Ph. SEM 24 Périgord Energies)

[Transition énergétique] La SEM 24 a mis en service, le 23 janvier, une centrale photovoltaïque qui alimente l’entreprise Emmi Desserts. Un outil qui permet de produire une énergie verte.

« Ce type de projet est amené à se développer et je vais m’en servir pour le montrer en exemple. » C’est un projet d’envergure qui a vu le jour il y a quelques mois. La SEM 24 Périgord énergies, syndicat d’énergie de Dordogne, a mis au point une centrale photovoltaïque sur la commune de La Douze pour alimenter l’usine d’Emmi Dessert (anciennement Mademoiselle Desserts). « Ce projet est né en 2022, dans un contexte d’explosion des prix de l’énergie qui avait obligé l’État à déployer un bouclier énergétique pour contrer la hausse. Et de notre côté, nous étions en plein développement de cette filière », explique Eric Delmas, directeur général de la SEM 24 Périgord énergies. Il aura fallu deux ans et demi pour sortir de terre cette centrale photovoltaïque de 19 808 m2.

« La première difficulté a été de trouver un foncier suffisamment grand pour accueillir ce projet. Ce fut alors un échange avec l’agglomération du Grand Périgueux. Nous avons signé avec elle un bail emphytéotique. Les travaux de raccordement ont également été compliqués car il a fallu demander l’autorisation des communes environnantes pour que l’on puisse faire passer les tuyaux. La centrale est à La Douze mais le poste électrique est, lui, à Boulazac », ajoute Eric Delmas.

Une première pour la SEM 24

Pour le syndicat mixte, il s’agit du premier projet de cette envergure. La structure s’est donc entourée d’un assistant à maître d’ouvrage, spécialisé pour ce type de dossier dont le montant a été évalué à 5 100 000 € dont 600 000 € de subventions du Conseil régional.

7 668 panneaux ont été installés sur cette centrale pour une puissance annuelle estimée de 5 150 MWh qui est réinjectée directement dans le réseau. Ce qui correspond à la consommation annuelle de 2 316 personnes.

« Depuis la mise en service, le 23 janvier dernier, nous avons constaté qu’en cas de saturation du réseau électrique, Enedis (gestionnaire du transport d’électricité) coupe la centrale, ce qui est problématique pour la production d’Emmi Desserts et nous occasionne un manque à gagner. Car malheureusement pour ce type de projet, il n’est pas possible de stocker notre énergie », constate le directeur général de la SEM 24.

Sur le plan technique, la centrale a été équipée d’onduleurs sectorisés ce qui évite aux équipes de maintenance de devoir contrôler les panneaux photovoltaïques un à un. Pour Eric Delmas, travailler sur ce genre de projet « permet de présenter toute la compétence du syndicat mixte et de montrer que la structure ne propose pas que des projets de hangars agricoles qui seront moins rentables à l’avenir ».

Tarif fixe pendant 20 ans

En ce qui concerne le partenariat avec Emmi Desserts, un contrat d’achat d’électricité d’entreprise a été signé entre les deux structures. Cet accord prévoyait la mise en service de la centrale avant le 30 mars et établit un tarif d’électricité pour Emmi Dessert qui est fixe pendant 20 ans.

Ainsi, ce contrat offre une solution d’une production durable et locale. Par ailleurs, il garantit une stabilisation des coûts énergétiques, une traçabilité de l’énergie et une réduction de l’empreinte carbone. Les émissions de CO2 évitées ont été évaluées à 1 225 tonnes par an.

« Ce type de projet est amené à se développer chez nous et je vais m’en servir pour le montrer en exemple aux entreprises, que ce soit en Dordogne ou en Haute-Vienne car nous avons ouvert une antenne de notre filiale Agirenergy à Limoges », précise Eric Delmas.

Désormais pour lui, l’objectif est de travailler sur des projets en autoconsommation ou sur le stockage.

Un engagement dans la RSE

Du côté de Emmi Dessert, ce projet de centrale photovoltaïque s’intègre dans leur politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) qui prévoit notamment « de décarboner les énergies ». « Nous sommes engagés dans des programmes RSE qui nous obligent à acheter localement et l’énergie en fait partie. En ce sens, le projet avec la SEM 24 va nous permettre d’atteindre notre objectif de décarbonation de 30 % d’ici 2030 », explique Barbara Bosquette, responsable communication et développement durable chez Emmi Dessert.

« L’intérêt pour notre entreprise est de pouvoir aussi réduire la volatilité des prix. Car lorsque l’on voit la crise russe en 2022 ou l’impact du conflit au Moyen-Orient, il est important d’avoir un contrat comme le nôtre qui nous garantit un prix fixe sur 20 ans », explique Anne-Laure Boulainghier, en charge des achats d’énergie chez Emmi Dessert.

L’entreprise estime que 7 % de sa consommation sera issue du parc des Pradelles d’ici la fin de l’année. Pour le groupe, la centrale de La Douze n’est qu’une première étape. D’autres projets, qui vont dans le sens de la transition énergétique, devraient voit le jour dans les prochaines années.

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