Des communautés pour faciliter le covoiturage

Il suffit de s'inscrire sur l'application de Covoit Modalis pour accéder aux différentes communautés et aux trajets proposés. (Ph. capture d'écran Modalis)

[Périgueux-Bergerac] La plateforme Covoit Modalis permet aux gens d’une même communauté de covoiturer sur des trajets domicile-travail.

On y pense quand la hausse du prix de l’essence nous fait dire que partager les frais d’un trajet Dordogne-Paris ou même Dordogne-Bordeaux ne serait pas superflu ; ou quand les tarifs ou les horaires de train ne conviennent pas. Pour la plupart des gens, le recours au covoiturage n’est pas systématique mais plutôt cyclique. Il y a pourtant des trajets réguliers sur lesquels cette solution pourrait occasionnellement s’adapter : ceux du travail ou ceux que l’on fait pour se rendre dans son club de sport.

« Ça m’embête de devoir faire la conversation » ou « Je ne veux pas être dépendant d’une autre personne pour mes trajets » font partie de ces phrases souvent entendues pour contrer l’idée du covoiturage. « De fait, on a souvent plus de volontaires pour être conducteur qu’être passager« , constate Joannès Bouillaguet, directeur général de Périmouv’, l’agence responsable des transports urbains de l’agglomération du Grand Périgueux.

Pour renverser la tendance et faire entrer le covoiturage dans des habitudes quotidiennes ou hebdomadaires, Périmouv’ a intégré Covoit Modalis, la plateforme de covoiturage du quotidien portée par la Région et son syndicat régional des mobilités, baptisé NAM (Nouvelle-Aquitaine mobilités).

« Il ne faut plus penser le réseau de bus de Bergerac ou du Grand Périgueux, il ne faut pas penser le tram à Bordeaux, il faut penser Modalis, argumente Joannès Bouillaguet. Modalis est comme une grande coquille dans laquelle il y a tout un tas d’outils tels qu’un calculateur d’itinéraire ou un espace dédié à la création des communautés de covoiturage. » Ces communautés sont en fait des groupes d’utilisateurs qui partagent soit les mêmes centres d’intérêt, soit une proximité géographique pour des trajets de courte ou moyenne distance. « Chaque structure, publique ou privée, que ça soit des associations, des clubs sportifs ou des entreprises, peut avoir mis en place son propre système de covoiturage. L’objectif est de mettre toutes ces initiatives en relation pour atteindre une masse critique de covoitureurs« , explique le directeur de Périmouv’.

« Le covoiturage ne se fait pas que d’un point A à un point B. »

À Bergerac, l’association Work in B vient de créer sa propre communauté au sein de la plateforme. Réseau d’entreprises industrielles engagées à faire vivre le territoire du Bergeracois, Work in B a décidé d’instaurer un système de covoiturage pour, comme beaucoup d’autres communautés de Covoit Modalis, « faciliter les déplacements quotidiens entre le domicile et le travail, mais aussi offrir une solution de repli en cas de panne de véhicule, de retard des transports en commun, ou toute autre situation imprévue« , énonce Didier Hubert, animateur du réseau.

Parmi ses membres, des salariés ou chefs d’entreprises industrielles, certes, mais aussi d’associations telles que la Fab Coop’ ou d’institutions comme le Centre hospitalier de Bergerac.

Événements sportifs ou culturels

Avec le temps, la communauté bergeracoise pourrait atteindre le niveau de fonctionnement de son homologue périgordine. Aujourd’hui, le Grand Périgueux compte huit communautés qui regroupent 28 structures, soit l’équivalent de 8 000 salariés. Parmi eux, des employés du Pôle Aliénor, le quartier d’affaires situé derrière la gare, ou encore de la cité administrative. « Là-bas, il y a la CAF, l’Urssaf, les services des impôts. Certaines structures fonctionnaient chacune de leur côté pour le covoiturage d’entreprise. Nous les avons regroupées au sein d’une même communauté pour augmenter leurs possibilités. C’était moins cher pour eux que de créer un site internet propre à chacun autour de son système de covoiturage« , analyse Marie Alconchel, chargée d’études plan mobilités à Périmouv’.

« Les gens pensent trop souvent que covoiturer consiste à partager un véhicule sur un trajet complet allant d’un point A à un point B, déplore Joannès Bouillaguet. Alors qu’en fait, sur votre trajet en voiture pour aller au travail, il y a une multitude d’arrêts possibles. Le but n’est pas de vous doubler votre temps de route mais s’il n’y a personne à embarquer dans votre commune, il y en a peut-être une cinq kilomètres plus loin, à un endroit où vous passez tous les jours. » Il en va de même pour les trajets ponctuels pour des événementiels, que le directeur de Périmouv’ aimerait développer. « Sur des rencontres sportives ou des événements culturels, des structures comme le BBD ou le Silot pourraient créer leur propre communauté et proposer des trajets partagés pour un spectacle ou un match à l’extérieur.« 

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