[Machinisme] L’État a adopté, dans le budget 2026, une mesure fiscale favorisant la mutualisation des matériels agricoles. Le crédit d’impôt tombe bien alors que le coût des machines a flambé ces dernières années.
La mesure était très attendue par le réseau Cuma qui militait en sa faveur depuis longtemps. Le 2 février, le crédit d’impôt mécanisation collective a été adopté définitivement dans le cadre du budget 2026 après des votes à l’unanimité à l’Assemblée nationale et au Sénat. La loi sera promulguée très prochainement. » C’est un coup de pouce bienvenu pour les agriculteurs en Cuma « , analyse Florent Claudel, président de la Fédération départementale des Cuma de Dordogne.
Le taux du crédit d’impôt sera de 7,5 % sur le montant des factures Cuma de l’agriculteur. Pour le moment, l’État annonce un minima de 500 €, mais ce plancher ne devrait plus exister dans la version définitive. Il y aura un plafond individuel de 3 000 € et de 10 000 € dans le cadre de la transparence Gaec. Les entreprises agricoles concernées doivent être associés-coopérateurs de Cuma et être imposées d’après leur bénéfice réel (catégorie des bénéfices agricoles). Sont donc exclues du champ d’application de la loi, les entreprises agricoles relevant exclusivement du régime de micro-BA. Le crédit d’impôt prend effet sur les factures réalisées à partir du 1er janvier 2026. Il est actif jusqu’au 31 décembre 2028. » Le crédit d’impôt s’impose sur la facture globale de la ou des Cuma où l’agriculteur est adhérent « , insiste bien Florent Claudel. Des dizaines de milliers d’exploitations en seront bénéficiaires directement pour un crédit moyen de 1 062 €, selon une évaluation de la FN Cuma. Le montant du crédit d’impôt est déduit du montant de l’impôt sur le revenu payé par l’agriculteur. S’il dépasse cette somme, l’État remboursera la différence. » Il n’annule pas d’autres aides. Il est cumulable à d’autres crédits d’impôt. «
Avec plus de 45 % d’augmentation du prix des machines depuis cinq ans, les charges de mécanisation toujours plus importantes grèvent l’économie des exploitations agricoles. En France, moins de 10 % du parc de matériel agricole est mutualisé. En même temps, les charges de mécanisation représentent 30 % des charges d’une exploitation agricole française, plaçant notre pays à la première place en Europe.
Pour le réseau Cuma, la nouvelle mesure constitue un premier pas vers une fiscalité qui n’incite pas à la surmécanisation, redonne de la compétitivité et soutient l’installation en agriculture. Cette mesure récompense le choix du collectif. » Lorsqu’on a besoin d’un matériel spécifique durant une ou deux semaines par an, il est préférable de l’acheter en Cuma. Je préfère amortir à la ferme une mélangeuse qu’un épandeur à fumier dont je me sers deux à trois fois dans l’année « , ajoute Florent Claudel.
Un aide supplémentaire
La Dordogne compte un peu moins de 200 Cuma pour 4 800 adhérents. » De plus en plus d’agriculteurs se penchent sur l’option Cuma pour acheter du matériel et réduire les charges de mécanisation. Cette aide supplémentaire n’est pas négligeable « , observe le président de la FD Cuma. Le contexte économique difficile oriente les agriculteurs vers ce choix, mais même en Cuma, investir devient difficile.
Heureusement, les subventions à l’achat de matériel en Cuma via le PCAE (plan de compétitivité des exploitations agricoles) sont reconduites en 2026 et 2027. Le Conseil départemental devrait normalement prolonger une enveloppe dédiée aux agriculteurs qui investissent hors PCAE. » J’invite les Cuma qui souhaitent investir dans du matériel performant et innovant à le faire « , enjoint Florent Claudel.