Une modernisation bienvenue

L'entreprise Calcub, basée à Bergerac, compte 15 collaborateurs. Les effectifs devraient doubler avec l'arrivée de la nouvelle usine. (Ph. Th. Mercier)

[Aménagement] L’entreprise Calcub, spécialisée dans la transformation de containers maritimes, vient d’obtenir une subvention du Conseil régional pour accompagner son développement.

123 835 €. C’est le montant obtenu par Calcub de la part du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Une subvention au titre du soutien aux investissements productifs et innovants. L’aventure de cette entreprise débute avec Cubner en 2014, à Périgueux, dans le négoce de containers maritimes. Mais très vite, l’entreprise est sollicitée pour aménager ces lieux de stockage.

Après quelques projets réalisés avec des sous-traitants, le développement d’une société dédiée à ces aménagements s’est très vite imposé dans l’esprit des dirigeants. « Nous nous sommes implantés à Bergerac car il existe en périphérie de la ville un bassin industriel avec un fort développement dans le secteur de la métallurgie et de la serrurerie. Nous avons donc créé Calcub qui est désormais une filiale du groupe Cubner dans laquelle il y a 15 collaborateurs », explique Richard Chotin-Hospital, président de Calcub. Cette société réalise en moyenne 2 M€ de chiffre d’affaires par an avec une progression de 30 % enregistrée en 2025.

Calcub transforme 150 containers par an pour des entreprises comme Safran, Thales, ou encore Enedis. « Aujourd’hui, nous n’avons plus à rougir de notre développement. Au début, nos clients étaient essentiellement locaux mais désormais nous sommes implantés dans toute la France », ajoute le président de Calcub. La société achète les containers en Chine et les transforme dans son usine bergeracoise. Il existe trois tailles différentes : les 10 pieds, les 20 pieds et les 40 pieds. Calcub transforme aussi les containers frigorifiques en détournant l’usage principal en rajoutant des lumières, des portes de chambres froides ou en assemblant deux containers frigo ensemble pour faire des grandes chambres froides. Ce qui permet un développement rapide en clientèle sur plots ou sur cales.

Ces containers bruts arrivent presque neufs ou d’occasion. On parle alors de containers premier ou dernier voyage. La seconde catégorie est utile pour des petits projets, notamment pour des ateliers de découpe avec des budgets réduits.

La réussite de l’intégration

Calcub travaille aussi bien avec des entreprises ayant un cahier des charges que celles qui n’ont pas vraiment de lignes directrices. « Dans ce cas de figure, nous avons un devoir de conseil sur les types de sol, l’isolation ou encore l’éclairage. Nous nous adaptons à la demande grâce à plusieurs corps de métiers présents au sein de l’entreprise. Et il nous faut entre trois semaines et quatre mois pour adapter un container », explique Richard Chotin-Hospital.

Par ailleurs, plusieurs tendances existent dans le domaine avec le container snack ou food truck. La souplesse du produit permet aux porteurs de projets de ne pas se lancer dans la construction d’un bâtiment trop onéreux. De plus, il ne faut pas de permis de construire pour des containers en dessous de 20 m2. Il faut compter entre 15 000 et 200 000 € selon les projets.

L’entreprise travaille actuellement sur un container qui va servir pour les missions de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) mais aussi pour le compte d’une société américaine qui traite les pollutions des data centers. Et prochainement, Calcub va aménager un container en station météo.

Malheureusement, le contexte international est en train d’impacter l’entreprise avec une hausse de 15 à 20 % des matières premières et du coût de transport. « Notre matière première vient principalement d’Europe, en particulier de Bilbao. Mais il faut rester positif car nous avons vécu une situation similaire au déclenchement de la guerre en Ukraine. Il y a pour moi une grosse spéculation car tout ne vient pas d’Iran. Je pense que la situation va finir par se calmer », espère le président de Calcub.

Développement dans le photovoltaïque

En 2024, Richard Chotin-Hospital s’est lancé dans le développement de panneaux photovoltaïques en exploitant les toitures des containers. « C’est un service qui démarre doucement car nous avons, en deux ans, monté une trentaine de structures ce qui équivaut à 100 kWh. Nous ne sommes pas installateurs, nous vendons juste la structure. Nous avons un partenariat avec une entreprise spécialisée dans le raccordement. J’ai fait installer ce système pour notre société, ce qui nous a permis de réduire considérablement nos factures d’électricité à environ 230 € par mois », explique-t-il.

L’autre développement majeur de Calcub, c’est donc l’acquisition récente d’un terrain d’un hectare attenant à l’entreprise et sur lequel va être construite une usine de 2 500 m2. « Nous avons fait appel pour ce projet à la Région car nous avons un besoin d’investissement en matériel comme un chariot élévateur ou des équipements de sécurité. À ce jour, la configuration de nos locaux ne permet pas d’avoir de bonnes conditions de travail. Ils sont devenus trop petits. Calcub a besoin de se structurer pour se développer », explique son président. Pour ce faire, il compte faire l’acquisition entre autres d’une nouvelle cabine de peinture et d’un nouveau poste de soudure.

Ce nouveau bâtiment va être aussi l’occasion pour Calcub de moderniser sa gestion de stock qui est actuellement réalisée sur Excel. « Nous allons avoir un nouveau logiciel et des douchettes pour nous permettre de scanner et d’avoir une vision en temps réel de ce qui entre et sort de l’entreprise. Le permis de construire devrait arriver dans les prochains jours pour une livraison du bâtiment prévue à la fin de l’année », détaille Richard Chotin-Hospital.

Un avenir à consolider

Pour lui, ce projet d’extension va permettre à son entreprise de capter des marchés pour des productions en série ou des commandes plus importantes et de doubler les effectifs à l’horizon 2030. Un bâtiment qui va coûter 1,5 M€ pour lequel l’entreprise a autofinancé 400 000 €. Il sera également doté de panneaux solaires sur la toiture. L’originalité de ce projet, c’est qu’il prévoit de la mobilité électrique. Quatre bornes de recharge de véhicules électriques seront à la disposition du grand public. Les modalités de ce service ne sont pas encore connues.

Fort de ces projets, Richard Chotin-Hospital ambitionne de positionner Calcub dans le top 3 français des transformateurs de containers maritimes vers 2035. « Nous sommes dans un secteur très concurrentiel. Il faut se rendre compte que ce marché est estimé entre 200 et 300 M€ de chiffre d’affaires par an, entre la vente et les aménagements. Il existe beaucoup de petits artisans qui se lancent et les modes de commercialisation de containers sont variés. Mais une chose est sûre, nous n’irons pas vers la maison, qui est un métier de constructeur », explique Richard Chotin-Hospital.

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