Les gaveurs ont désormais une école

Les futurs gaveurs en compagnie des techniciennes de Sanders. (Ph. Sanders Périgord)

L’entreprise Sanders a relancé son école de formation de gaveurs, au lycée agricole de Coulounieix-Chamiers. L’objectif est de dynamiser la filière palmipède et de favoriser la reprise des installations.

Dynamiser la filière des palmipèdes. Telle est l’ambition de l’entreprise Sanders qui a récemment relancé son école de formation de gavage. Une première session d’initiation au métier d’engraisseur a été réalisée les 31 mars et 1er avril au lycée agricole de Coulounieix-Chamiers avec des jeunes encore en études agricoles ou qui ont tout juste repris des sites existants.

La finalité pour Sanders est de les accompagner, du montage du projet jusqu’à l’installation. « Si nous ne faisons rien, si nous ne montrons pas les spécificités du métier d’engraisseur, ces jeunes n’iront pas naturellement vers le gavage. D’autant que la pyramide des âges fait qu’il y aura beaucoup de sites à reprendre », explique Amandine Coujour, responsable technique et planning chez Sanders.

Pour ces jeunes, cette école offre l’assurance de débouchés certains mais aussi d’une rémunération fixée à l’avance. « Ces porteurs de projets sont accompagnés par Sanders du début à la fin, pour les devis, le démarchage des banques, les dossiers à la Chambre jusqu’à l’arrivée des canards », explique la technicienne. Des contrats en intégration sur 15 ans sont signés entre Sanders et le futur gaveur pour un investissement qui varie pour ce dernier entre 380 000 € et 410 000 € pour un bâtiment de 1 200 places.

Un engagement sécurisé

Avant de se lancer tête baissée dans ce projet d’installation, Amandine Coujour propose aux jeunes de découvrir le métier aux côtés d’un engraisseur. D’autant qu’une installation prend en moyenne un an et demi. Sanders souhaite à tout prix éviter d’engager des démarches pour rien. « Il est hors de question d’avancer un dossier sans une mise en pratique du métier. Ainsi, le jeune peut engraisser les canards, échanger avec le professionnel et s’apercevoir si ce métier lui plaît ou non. Donc, les jeunes présents au sein de cette école aujourd’hui ont tous confirmé leur choix avant. Mais rien ne les empêche, à l’issue de ces deux jours de formation, de mettre un terme au processus d’installation », précise-t-elle.

Pour le moment, Sanders, via son organisation de production (OP) Avi-services, propose cette formation uniquement en canard mais n’exclut pas de la proposer par la suite en oie.

Onze personnes devraient être formées cette année dans cette école de gavage de canards. Pour Amandine Coujour, cette formation est accessible aussi bien aux hommes qu’aux femmes « car des aménagements existent pour diminuer la pénibilité du métier ».

Une formation complète

Durant deux jours, les futurs engraisseurs passent en revue les aspects techniques sur la préparation de la machine de gavage, les techniques de ventilation du bâtiment et comment obtenir la meilleure marge économique possible. Un livret reprenant tous ces points est distribué aux éleveurs afin qu’ils puissent se souvenir des notions apprises en salle.

Cet apprentissage est complété par de nombreux échanges entre eux et les techniciens de Sanders ce qui permet de lever certains freins ou interrogations. « Pour nous, ce système de formation permet de bien cibler les porteurs de projets pour qu’il n’y ait pas de surprise. Il ne faut pas que le jeune s’imagine un travail qui ne correspond pas à la réalité », martèle Amandine Coujour. Les canards engraissés sont de race mulard « car la prise de foie est plus facile », précise-t-on chez Avi-services.

L’OP exige dans son cahier des charges des canards un peu plus lourds que le reste du marché. C’est la raison pour laquelle elle impose à ses gaveurs des canards prêts à engraisser plus vieux, c’est-à-dire entre 85 et 90 jours de vie contre 81 sur le reste du marché.

Un débouché local

Une fois engraissés, les canards sont commercialisés par Avi-services pour des conserveurs locaux en Dordogne et dans le Sud-Ouest en grande majorité.

« Ce qui est bien dans ce système, c’est que ces producteurs n’ont pas à se soucier de la commercialisation et de la mise en avant de leur produit. Une fois lancés, nous assistons leur activité sur le plan administratif. Ils bénéficient, dans le cadre de leur contrat, d’un suivi technique et nous leur assurons un volume à l’année et nous faisons en sorte de le vendre », explique la technicienne.

Ce système d’intégration permet ainsi à Avi-services de commercialiser environ 600 000 canards par an. « Il est certain que si on compare à la voie traditionnelle, les engraisseurs gavent moins de canards mais il faut multiplier les compétences techniques, commerciales. Ce qui n’est pas le cas en intégration. Et clairement, cela incite les installations surtout chez les femmes », pense-t-elle.

Par ailleurs, sa structure est toujours à la recherche de porteurs de projet pour compléter son école de gavage. Les personnes intéressées peuvent se rapprocher de Sanders.

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