Il a recueilli des brebis de Gironde

Les 112 brebis récupérées par Hugues Maupas, 15 jours après avoir été évacuées de Gironde, apparaissent encore noires de cendres et un peu stressées. (Ph. H. Maupas)

[Incendies] Hugues Maupas est éleveur de brebis à Saint-Méard-de-Gurçon. Dès le jeudi 23 juillet, il a été sollicité pour intervenir dans le sauvetage d’animaux pris au cœur des feux des Landes et de Gironde.

« Vous allez voir, elles ne se mêlent pas beaucoup aux miennes et on voit clairement la différence : les miennes sont toutes claires et celles de Gironde sont noires de cendres. » Et c’est un fait : il suffit de s’approcher un peu pour distinguer, malgré la distance, la couleur sombre, « sale », des 112 brebis girondines recueillies par Hugues Maupas sur son élevage, à Saint-Méard-de-Gurçon. « Elles viennent d’un élevage avec qui j’ai l’habitude de travailler, qui a à peu près le même profil sanitaire que le mien. Donc, celles-là, je les ai prises chez moi.« 

Mais Hugues Maupas en a secouru bien d’autres, durant les sept interventions qu’il a effectuées pour secourir des animaux d’élevage pris dans les feux des Landes et de Gironde. Sollicité dès le jeudi soir par la préfecture des Landes, il est intervenu dès le vendredi avec sa bétaillère. « Ils se sont tout de suite adressés aux agriculteurs. Je leur ai dit que j’étais équipé pour véhiculer facilement les animaux. Ils m’ont appelé d’emblée.« 

Arrivé à Biscarosse (40), Hugues Maupas est aiguillé par la DFCI de Nouvelle-Aquitaine. « Il y avait trois points d’enlèvement bien organisés, connus, pour intervenir en toute sécurité. La seule fois où je suis passé dans el feu parce qu’on ne pouvait pas le contourner, un véhicule de pompiers arrosait la route devant nous, et un pick-up de la DFCI me précédait« , décrit l’éleveur en faisant le compte : « On a évacué 74 chèvres, une vingtaine de moutons, et exceptionnellement – parce que je n’aime pas trop charger de chevaux dans mon camion, habituellement – deux chevaux« .

Dans les Landes, il secourt trois élevages différents. En Gironde, il se propose d’aider des collègues qu’il connaît déjà pour travailler avec. Puis, très vite, le bouche-à-oreille s’installe et Hugues Maupas se retrouve à secourir et évacuer des animaux dans plusieurs communes différentes. Des poneys, des brebis, des chèvres, des vaches… à chaque fois, il déplace les animaux pour les installer dans des endroits sûrs ; « les points de chute étaient organisés par les propriétaires« .

Chapeau aux maires

Dans l’urgence de ce mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares, c’est l’entraide qui a prévalu. « Pour le monde de l’élevage, au niveau de l’administration, ç’a été le néant total jusqu’au mercredi 29 juillet [une semaine après le départ de feu de Saumos, ndlr]« , constate Hugues Maupas, qui déplore qu’aucun numéro d’urgence n’ait été mis en place pour les éleveurs : « Ils se sont retrouvés tout seuls, surtout en Gironde« .

Dans ce chaos où la solidarité a primé, il salue néanmoins le rôle des maires. « Ce sont les seuls qu’on a vus sur le terrain à essayer de se débrouiller comme ils pouvaient. C’est à eux qu’il faut donner une grosse médaille. Sans eux, ç’aurait été une panique encore plus totale.« 

Les édiles ont tenu les rênes avec les moyens du bord, « intervenaient pour nous laisser passer, nous aiguiller, dire par où il fallait aller… tout ça avec des moyens ridicules. Le maire de Salaunes n’avait qu’une petite Fiat Panda. Il m’a dit « Je ne peux même pas vous accompagner pour ouvrir la route sur les pistes DFCI.« 

Hugues Maupas, lui, a regagné sa ferme, essaie de rattraper le retard accumulé et prend soin des 112 brebis girondines en attendant qu’elles repartent.

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