[Économie] À l’issue de la haute saison, une enquête menée auprès de professionnels du tourisme montre que les canicules et les problèmes de pouvoir d’achat ont pesé sur la consommation des touristes.
Même s’il devient difficile de faire un bilan du tourisme en se reposant principalement sur la haute saison tant la fréquentation tend à s’étaler tout au long de l’année, n’empêche qu’elle constitue un moment important. 175 professionnels du secteur en Dordogne ont répondu à une enquête de conjoncture conduite par l’observatoire du Comité régional du tourisme, du 28 août au 3 septembre, dont 59 restaurants, 38 campings et 32 hôtels. Il ressort que six sur dix jugent leur haute saison insatisfaisante et près de sept sur dix ont vu la fréquentation reculer. » Cet été est extraordinaire, souligne Sylvie Chevallier, présidente du comité départemental du tourisme. Nous avons subi trois canicules. L’essence était chère. Le manque de pouvoir d’achat s’est vu de façon plus prégnante dans les dépenses. Nous avons connu une ambiance générale qui n’incitait pas à la légèreté. «
Parmi les enseignements de l’enquête, la météo a joué fortement dans les décisions de consommation des touristes. Concernant le pouvoir d’achat, les visiteurs ont consommé moins avec un ticket moyen en repli, un arbitrage sur les extras et des ventes additionnelles en recul. » Pourtant, nous avons eu davantage de personnes qui sont venues chez nous « , assure Sylvie Chevalier qui constate en parallèle un recul de la durée des séjours et du nombre de nuitées. Du coup, les hébergeurs et les hôteliers ont globalement moins travaillé et s’inquiètent pour leur trésorerie qui n’a pas pu se reconstituer. Beaucoup de professionnels disent ne pas avoir répercuté sur leurs prix de vente la hausse des charges.
Nécessaire adaptation
Cet été, face aux canicules, les visiteurs ont recherché la fraîcheur dans des sites tels que les châteaux ou les grottes. Les rivières et les plans d’eau ont aussi rencontré du succès. » Un restaurateur qui a une très belle terrasse ne l’a pas vu se remplir en période de canicule « , observe a contrario la présidente du CDT. Quant aux grands incendies qui ont touché la Gironde et les Landes, si la Dordogne a été épargnée, une majorité de professionnels du tourisme observent qu’elle a eu un impact sur les réservations avec même quelques annulations.
Il faut distinguer le mois d’août qui semble avoir attiré un peu plus de monde, en particulier la clientèle française. Juillet fut médiocre en dépit d’un pic observé à l’occasion du passage du Tour de France. » Juillet et août représentaient 70 à 80 % du chiffre d’affaires de l’économie touristiques il y a quelques années. Aujourd’hui, c’est 50 %. Il faut aussi regarder les autres mois « , précise bien Sylvie Chevallier qui reconnaît aussi un creux en mai et juin.
Cette enquête est l’occasion de dégager des leviers à mettre en œuvre en 2027 comme faire de la fraîcheur un argument de destination puisque la Dordogne a des atouts thermiques à faire valoir (grottes, sous-bois, patrimoine…), étaler davantage la saison ou reconquérir les marchés européens en baisse (moins d’Espagnols, Néerlandais ou Belges). » C’est un été de bascule, pense Sylvie Lechevallier. Il va falloir adapter nos pratiques. Nous devons « organiser de la fraîcheur », faire de la promotion pour que les visiteurs viennent plus nombreux au printemps ou à l’automne, voire en hiver. «
» Nous avons une fin d’été qui rassure « , ajoute Sylvie Lechevallier qui veut y voir un signe plus encourageant pour l’arrière-saison.