« Ces prix nous fracassent »

Pour le symbole, la Coordination rurale invitait les manifestants à venir avec des bidons d'essence vides. (Ph. CR 15)

[Colère] Pour protester contre la hausse du prix du GNR et des engrais, les agriculteurs étaient invités à se rassembler à Périgueux et Bergerac, sans tracteurs évidemment mais des bidons et sacs d’engrais vides à la main.

La hausse du prix du gasoil n’a évidemment échappé à personne. À la pompe, ces derniers temps, pour remplir un réservoir de 40 litres d’une citadine classique, la facture s’élève, dans le meilleur des cas, à plus de 83 €. Pour les agriculteurs avec le GNR, même combat. Si le prix au litre plafonne pour l’instant juste en-dessous de 1,95 €, ils savent que le dépassement des 2 €/litre leur pend au nez. Surtout, les prix de leurs produits ne cessent de baisser.

« Le GNR va les atteindre, les 2 €/litre, si ce n’est pas déjà fait. Les engrais N30 (les solutions azotées, ndlr) et l’urée qui sont à 800 € par an, ce n’est plus possible« , déplore Vincent Cascalès, co-président de la Coordination rurale de Dordogne, avant d’ajouter : « On ne peut plus continuer avec des tarifs comme ça. Ce n’est pas possible. D’autant que tous les prix baissent sur ce qu’on vend (le prix du lait, des céréales…).« 

Le syndicat a donc invité les agriculteurs à venir protester contre ces prix excessifs, mercredi 8 avril, devant les préfecture et sous-préfecture de Périgueux et Bergerac, bidons d’essence et sacs d’engrais comme symboles. Car à ses yeux, les compagnies pétrolières ne sont pas les seules à profiter de la situation critique au Moyen Orient et de la crise pétrolière qui en découle pour faire flamber les prix. « En 2022, le prix du baril était monté à 140 $, mais jamais le GNR n’avait augmenté comme aujourd’hui. L’État se gave, tempête Vincent Cascalès. Il a encaissé des milliards de recettes fiscales supplémentaires, en trois semaines. On ne veut pas de chèques, on ne veut pas d’aides, juste que l’État baisse les taxes de 70 % sur le gasoil.« 

L’effet combiné de cisaille entre coût et prix de leurs produits mal valorisés crucifie les agriculteurs, qui renoncent même à effectuer certains de leurs travaux. « Ça nous fracasse. On se pose beaucoup de questions. Certains ne vont pas travailler leur terrain, pas mettre de maïs. Ils vont laisser leurs terres en friche.« 

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