[Solidarité] Le Secours populaire alerte sur l’augmentation exponentielle du nombre de bénéficiaires en Dordogne depuis le début de l’année. L’association est à la recherche de nouveaux moyens.
« Les lendemains qui déchantent, on se rend compte qu’on y est déjà. » Habituellement, Lise Toussaint convie la presse plutôt « pour annoncer des bonnes nouvelles et montrer que la solidarité, c’est positif ». Une fois n’est pas coutume, c’est pour tirer la sonnette d’alarme sur une situation « qui devient dramatique » que la secrétaire générale du Secours populaire de Dordogne a tenu à s’exprimer sur la situation dans le département, mardi 19 mai.
« Au 15 avril, nous avons déjà aidé autant de gens que sur toute l’année 2025. » 8 053 personnes ont bénéficié de l’aide de l’association l’année dernière ; elle estime qu’à l’heure actuelle, ce chiffre a déjà atteint les 8 400.
La majeure partie du soutien distribué par l’association relève de l’aide alimentaire. Les bénéficiaires reçoivent chaque mois un cabas constitué de produits de base, dont les quantités sont adaptées en fonction du nombre de personnes qui composent le foyer. « Nous avons de plus en plus de moins de 15 ans parmi les personnes aidées ; la pauvreté infantile augmente. »
Dans le contexte actuel, les bénévoles observent une dégradation rapide. « Les gens qui viennent aujourd’hui allaient bien il y a encore six mois », constate Michel Dupont, trésorier. Mais des événements de vie comme un divorce, un problème de santé ou la perte d’un emploi précipitent vite les familles dans d’importantes difficultés. « Quand ils arrivent jusqu’à nous, c’est vraiment parce qu’ils sont acculés et ne peuvent plus faire autrement. Nous recevons des gens qui travaillent, des retraités qui n’y arrivent plus… Le poste transports représente énormément. »
Prise de conscience
Face à cette situation, le Secours populaire n’a pas des moyens extensibles. « Les budgets européens qui nous sont attribués pour les colis alimentaires sont votés pour sept ans, mais vu l’inflation, avec la même somme, on fait beaucoup moins qu’il y a quelques années », reprend Lise Toussaint. Les subventions des collectivités locales se maintiennent difficilement, voire diminuent. « Beaucoup d’élus ont l’impression qu’il n’y a pas de pauvres chez eux ou qu’on n’est pas actifs parce qu’on n’a pas un siège dans leur commune, déplore la secrétaire générale. Mais les gens ne viennent pas forcément au plus proche de chez eux, parfois par peur d’être reconnus. »
Le Secours populaire adresse en ce moment des courriers aux collectivités pour leur faire prendre conscience des besoins. « On aide quasiment 10 % de la population de Périgueux intra-muros », assène Lise Toussaint, qui regrette que la Ville ait réduit sa subvention lors du vote du budget 2026. L’association recherche aussi activement des entreprises qui pourraient devenir mécènes.