Le sol dans les vergers

Patrice Teillet exposera l'intérêt du fissurateur acheté par la Cuma de Granges-d'Ans en 2025. (Ph. A. Merlingeas)

[Noyers] Patrice Teillet accueille une journée Cuma dans sa noyeraie le 22 mai à Granges-d’Ans. Un retour sera réalisé sur les effets de la fissuration du sol et la mise en place d’un couvert de féverole, notamment.

Une vingtaine d’agriculteurs s’était réunie dans la noyeraie de Patrice Teillet, le 30 octobre dernier, à l’appel de la Fédération départementale des Cuma. Pour cette journée technique dédiée à la pérennité des sols dans les vergers de noyers, ils avaient vu la présentation d’un fissurateur et d’un semoir à semis direct.  » Ce jour-là, nous avons fait du semis d’un couvert végétal de féverole, avec et sans fissuration du sol. Le 22 mai, nous allons descendre une pelleteuse pour creuser deux tranchées et réaliser un profil cultural. Nous pourrons voir les différences dans le sol au niveau des racines « , explique Patrice Teillet.

Le rendez-vous du 22 mai est fixé à 11 h pour échanger avec les fournisseurs de biens et services agricoles, avant et autour d’un casse-croûte. Les interventions et démonstrations commencent à 14 h. Outre les effets de la fissuration, il sera également question de l’intérêt de la féverole, des techniques et démonstrations de destruction de couverts végétaux et de stratégie de désherbage sur le rang.

L’an dernier, la Cuma de Granges-d’Ans, que préside Patrice Teillet, a investi dans un fissurateur. Cet outil permet de redonner au sol sa capacité d’infiltration tout en préservant sa richesse biologique. L’agriculteur implante des couverts dans ses vergers depuis plusieurs années.  » Nous avons eu un printemps pluvieux, il y a deux ans. Les noyers ont un peu souffert de l’excès d’eau. Certains sont morts par asphyxie. Pour moi, la fissuration aère et draine les sols « , analyse-t-il. Il pense qu’il faut retravailler le sol, de type argilo-calcaire dans son secteur, par la fissuration et l’implantation de couverts végétaux.  » Couper une radicelle en fissurant ne me gêne pas du tout. Au contraire, le noyer va en refaire d’autres. Autrefois, les vergers étaient travaillés superficiellement avec du labour, certes moins profond que nous. Le problème du noyer est que lorsque les racines ne peuvent pas descendre, elles restent en surface « , explique-t-il.

Les prairies aussi

Le fissurateur, modèle grass-tiller de la marque He-Va, a été acheté neuf par la Cuma aux établissements Roche. L’investissement s’élève à 13 000 € hors taxe avec 20 % d’aides du Conseil départemental. Au sein de la Cuma, si une dizaine d’adhérents étaient susceptibles d’être intéressés par l’utilisation de l’outil,  » nous sommes trois à l’avoir utilisé, pour l’instant « , précise-t-il. La journée du 22 mai sera l’occasion de montrer tout l’intérêt de cette démarche culturale et du recours à un tel matériel.  » On peut aussi s’en servir pour fissurer le sol des prairies. Ça permet de drainer un peu « , indique Patrice Teillet.

L’agriculteur de Granges-d’Ans exploite une vingtaine d’hectares de noyers, principalement en variété franquette mais aussi un peu de chandler et fernor. Il élève également un troupeau d’une quarantaine de mères limousines. Au total, il a 75 ha de SAU. En moyenne, il produit 1,50 t/ha de noix.  » Dans des bonnes parcelles comme celle où j’ai mis la féverole, j’arrive à 2,5 ou 3 t, une bonne année « , précise-t-il.

Ne pas déstructurer

L’agriculteur sème essentiellement des couverts de féverole dans ses vergers. Dans la parcelle qui accueille la journée, il a mis 80 kg/ha de semences en semis direct. Il sème après la récolte des noix, fin octobre ou début novembre, en fonction des conditions climatiques.  » Cette année, je vais réaliser un test en la semant en semis direct juste avant la récolte. La féverole met bien 15 jours à trois semaines avant de naître. Une fois la récolte faite, je sais que mes féveroles seront semées. «  Cette légumineuse apporte une valeur en azote de 25 unités/ha en moyenne. La féverole ne demande aucun entretien.  » Elle a un système racinaire qui fissure le sol naturellement «  Avoir un sol mieux aéré et des couverts dans le verger présente aussi des effets bénéfiques contre les champignons et maladies du noyer comme la bactériose.

Décompacteur ou fissurateur ?  » Ce n’est pas le même outil, selon Patrice Teillet. En fissurant, on ne déstructure pas le sol. Le décompacteur va soulever la terre. Le fissurateur va en profondeur tout en laissant la structure du sol assez plate. «  Par contre, il faut réaliser la fissuration en conditions sèches.  » L’idéal serait de le faire une fois par an, selon l’agriculteur. Avant, les anciens ramassaient les noix à la main, il n’y avait pas de machines. Aujourd’hui, nous travaillons sur des sols enherbés. À force de tasser le sol avec les épandeurs à fumier ou les broyeurs, ça provoque un effet d’asphyxie. «  Il a réalisé des analyses de sol qui ont montré que dans les sols tassés, certains éléments fertilisants étaient bloqués à cause d’un manque d’oxygénation. La pratique des couverts et de la fissuration permet aussi une meilleure infiltration de l’eau et de garder davantage d’humidité en profondeur en période de sécheresse.

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