Aidé par le Secours populaire

Léo Lajarretie va devoir réparer des dégâts mineurs sur quelques serres (des bâches arrachées) et, surtout, en remonter une, pliée par la tempête Nils. (Ph. L. Lemaire)

[Solidarité] Après les tempêtes Nils et Pedro, survenues en février dernier, le Secours populaire a décidé d’aider quelques agriculteurs ayant subi des dégâts, à l’instar de Léo Lajarretie, au Clos de Fontbrune.

À même pas dix mètres de serres en parfait état, qui servent actuellement à la culture des fèves et des pommes de terre, une grande structure métallique bizarrement ratatinée gît. Entre les arceaux pliés, les bâches ont été retirées. Le squelette de la serre qui a été broyée par les tempêtes Nils et Pedro, les 9 et 23 février, n’a pas bougé depuis trois mois. « Nous avons reçu la nouvelle en kit mais nous n’avons pas encore pris le temps de la monter, confesse Léo Lajarretie. C’est la pleine saison de production pour nous. J’espère pouvoir avoir cette serre à nouveau opérationnelle pour l’été, au pire à l’automne prochain.« 

Un peu plus bas, dans la descente, d’autres serres ont été vaguement abîmées, « les bâches arrachées mais rien à voir avec la première complètement tordue« .

Au Clos de Fontbrune, à Saint-Germain-et-Mons, les Lajarretie ont subi les deux tempêtes de février dernier, Nils et Pedro. « Surtout Nils. Ça n’a pas été très violent mais suffisamment pour nous tordre des serres qui nous servent à la fois pour abriter nos animaux et, quand il n’y a plus d’animaux, pour faire du maraîchage. » Car sur les 40 hectares de parcours dont dispose la famille Lajarretie, elle y pratique une harmonieuse alternance d’élevage et de maraîchage.

Dons de surplus

« Depuis toujours, nous pratiquons la polyculture et l’élevage avec le canard, les porcs et les volailles. Avec la période Covid et mon installation, mon père, Michel, plutôt maraîcher de formation, a mis en place un atelier maraîchage, ce qui était parfaitement cohérent avec notre état d’esprit« , explique Léo Lajarretie avant de détailler la façon de travailler : « Nous devons forcément respecter un vide sanitaire de nos parcours lorsque les animaux sont partis. Nous le faisons sur des phases longues d’une année, et profitons de ce temps pour installer les cultures. Ça nous permet d’utiliser ces parcelles, naturellement plus riches du fait du fumier des animaux, pour produire de bons légumes, sans aucun intrant.« 

Après avoir commencé par les cultures « faciles » comme les courges ou les citrouilles, les Lajarretie sont vite passés aux tomates, fèves, courgettes et pommes de terre ; avec succès. Tant et si bien qu’il leur est parfois arrivé d’avoir des surplus de production.

« Au moment de la Covid, on avait une belle production d’œufs, mais les marchés étaient fermés. On ne pouvait pas écouler nos œufs. Plutôt que de jeter, on a commencé à faire des dons au Secours populaire. » Cela fait six ans que ça dure. « On préfère en faire profiter les gens qui n’ont pas forcément les moyens et sont dans la difficulté.« 

De la solidarité pas de la charité

Au moment de la tempête, l’effet de solidarité s’inverse. Alors qu’ils se contactent à propos d’un don, le Secours populaire demande aux Lajarretie s’ils ont souffert de la tempête. « Ce n’est pas naturel pour les agriculteurs de se faire aider. Ils le disent : « On n’a pas l’habitude ». Mais nous sommes une association de solidarité. Tous les malheurs sur lesquels nous pouvons intervenir, nous le faisons« , justifie Lise Toussaint, secrétaire générale du Secours populaire de Dordogne.

Grâce à un appel aux dons national, spécifique pour les victimes des tempêtes, l’association a ainsi pu venir en aide à, notamment, quatre agriculteurs en Dordogne. « L’argent que nous leur avons donné n’aurait pas pu être utilisé pour autre chose. Les Français ont été très généreux, ce qui nous a permis de donner jusqu’à 10 000 € à deux d’entre eux, et presque 9 000 € et 5 000 € à deux autres, énonce Lise Toussaint. Il a fallu les décomplexer : c’est de la solidarité, pas de la charité.« 

« Être aidé était inattendu et bienvenu, avoue Léo Lajarretie. Le coût des dégâts ne s’élevait pas à un montant astronomique, mais il fallait pouvoir sortir la somme. Et vu le contexte, nous sommes contents d’avoir eu le soutien du Secours populaire.« 

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