Une ensileuse reconditionnée

Les adhérents de la Cuma sont contents du développement d'une nouvelle activité comme l'ensilage. (Ph. A. Merlingeas)

[Machinisme] La Cuma de Saint-Geniès a investi dans une ensileuse d’occasion pour créer cette nouvelle activité nécessaire à huit adhérents en élevage bovin à la suite de l’arrêt de l’activité d’un entrepreneur.

 » La Cuma revient à ses premières amours ! « , s’est exclamé Michel Lajugie, président à la création de la Cuma de Saint-Geniès en 1984, à l’occasion d’une présentation de l’ensileuse achetée par la structure en 2026. C’est justement pour faire de l’ensilage que la coopérative avait vu le jour il y a 42 ans. À l’époque, le matériel utilisé était forcément bien moins efficace et évolué que maintenant.  » Nous nous étions contentés d’acheter une petite machine tirée avec un moteur auxiliaire. On était neuf adhérents, c’est presque autant qu’aujourd’hui « , s’est amusé Michel Lajugie.  » Ce projet remonte à presque deux ans. Lors de la première réunion, nous étions une trentaine « , a rappelé Jérémy Lespinasse, président de la Cuma de Saint-Geniès.

Le retour d’une telle activité au sein de la Cuma de Saint-Geniès en 2026 était devenu indispensable avec l’arrêt d’un entrepreneur de travaux agricoles (Régis Veyret à Marcillac-Saint-Quentin), chargé d’ensiler pour plusieurs élevages bovins du secteur. Pourtant, lorsque Jérémy Lespinasse était intervenu lors de l’assemblée générale de la Fédération départementale des Cuma, le 13 novembre dernier, en présence de responsables régionaux, la partie ne semblait pas encore jouée. Il fallait trouver une solution rapidement. Problème : la Cuma avait les moyens d’acquérir seulement une ensileuse d’occasion, alors que les aides régionales ne s’appliquent qu’à du matériel neuf.

Pièces d’usure changées

Finalement, une solution alternative a été trouvée en reconditionnant une ensileuse d’occasion pour obtenir des subsides. Elle aura coûté 207 000 € hors taxe avec les équipements (pick-up, une interface Kemper pour ramasser le maïs). L’outil a bénéficié de 20 % d’aides de la Région. Le Conseil départemental de la Dordogne a mis 6 000 € pour aider le projet dans sa globalité.  » La machine cochait toutes les cases car elle n’avait jamais été subventionnée. Nous devions aussi avoir un jeune agriculteur dans le groupe d’utilisateurs « , a précisé Jérémy Lespinasse. Il ajoute :  » Nous n’aurions pas pu acheter une ensileuse neuve car le prix s’élevait entre 350 000 et 400 000 € même si le niveau d’aide aurait été plus élevé. «  Ces dernières années, le prix des machines agricoles a augmenté de 25 à 30 %.  » Il n’y a pas pléthore de Cuma qui investissent dans une ensileuse « , observait Bertrand Langlois, directeur de la FD Cuma, présent à St-Geniès.

Bonnes performances

Finalement, l’ensileuse, une Claas 840 Jaguar de 2018, est arrivée au mois d’avril pour le lancement de la saison. Lagarrigue SAS, concessionnaire basé dans l’Aveyron, l’a achetée à un collègue du nord de la France. Elle appartenait à un entrepreneur de travaux agricoles. Fabrice Caballud, de Lagarrigue SAS, l’a rapatrié pour la reconditionner.  » Nous avons revu tous les éléments de l’alimentation jusqu’à la goulotte « , précise le professionnel. Les pièces d’usure ont été changées comme les roulements, certains rouleaux, les couteaux, le fond de caisse… Le concessionnaire assure une garantie d’un an.

Mathieu Hivert, salarié de la Cuma, est le seul chauffeur de l’ensileuse. Il n’en avait jamais conduit jusqu’à présent.  » J’étais bien entouré. Il faut prendre l’habitude des commandes et comprendre le gabarit de la machine. Au bout d’une journée, je l’avais prise en main ! « , explique le jeune homme, déjà habitué à utiliser une moissonneuse et d’autres engins agricoles comme des tracteurs.  » Il faut faire attention aux autres car on n’est pas tout seul dans le champ « , souligne-t-il en référence à la sécurité.

Au total, il va ensiler 250 ha d’herbe dont une centaine destinée à un méthaniseur agricole à Marcillac-Saint-Quentin. Il faut ajouter l’ensilage de près de 150 ha de maïs. La nouvelle activité concerne huit adhérents en élevage bovin lait et allaitant et irradie bien au-delà de la commune de Saint-Geniès.

Jérémy Lespinasse s’est dit content depuis la mise en route de la machine. Elle a bon débit de chantier (environ 4 à 5 ha/h) avec une fauche de 9 mètres.  » Je fais 25 à 30 ha par jour facilement « , estime Mathieu Hivert. La consommation en carburant s’avère bien moindre que prévu. L’ensileuse consomme 11 à 13 litres/ha alors que les responsables de la Cuma tablaient plutôt sur presque 20 litres/ha.  » Je pense aussi qu’il n’y a pas beaucoup d’herbe cette année « , analyse le chauffeur pour expliquer en partie ce constat. Bien sûr, il faut que les couteaux de coupe soient bien aiguisés.  » Il faut contrôler visuellement leur état « , indique Fabrice Caballud. Le chauffeur dispose d’un système automatique d’affûtage dans la cabine.

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