[Innovation] Arnaud Delpeuch, chef de projet à l’Institut de l’élevage, présente des solutions d’optimisation des fermes via la technologie.
Quelles technologies pour simplifier le travail des éleveurs ? Telle est la question centrale qui a guidé l’intervention d’Arnaud Delpeuch, chef de projet Élevage de précision au sein de l’Institut de l’élevage (Idele) de Limoges, invité de l’assemblée générale du GDS de Dordogne. Ce dernier est venu présenter une étude réalisée par l’Idele entre 2023 et 2024 auprès de 2 000 personnes.
Le premier constat mis en avant dans cette étude, c’est que les éleveurs interrogés sont majoritairement tous bien équipés d’appareils connectés. 84 % des éleveurs allaitants sont équipés d’au moins un objet et 92 % des laitiers le sont également. Parmi les freins à l’utilisation de ces appareils connectés il y a le manque de connectivité entre ces outils, l’absence d’une couverture réseau suffisante. « Ces objets connectés servent dans l’élevage à améliorer les performances et donner de la souplesse dans l’organisation du travail mais pour autant, ce ne sont pas des outils qui donnent des satisfactions sur le plan économique. Il y a encore, pour certains appareils, un modèle économique à trouver », nuance Arnaud Delpeuch.
Dans sa présentation, ce chef de projet met en avant l’intérêt pour les éleveurs d’utiliser le drone en surveillance des troupeaux pour limiter les déplacements de l’exploitant. « Nos travaux tendent à aller plus loin en réfléchissant à l’automatisation de certaines tâches, notamment le comptage des bêtes grâce à l’IA. »
Optimiser la conduite de l’exploitation
« Mais cela ne s’arrête pas là et pourrait concerner l’évaluation de la biomasse de certaines parcelles à travers des caméras thermiques. La technologie viendrait remplacer des tâches chronophages », ajoute Arnaud Delpeuch.
Dans le même esprit, des dispositifs de clôtures virtuelles sont en train de se développer mais avec un coût d’acquisition qui reste élevé. « Ces solutions sont disponibles sur le marché. Concrètement, les animaux sont équipés de boîtiers GPS qui envoient une stimulation électrique sans douleur lorsque la bête quitte le périmètre défini à l’avance sur une application. Les résultats sont très rapides puisqu’en une semaine, on peut constater des évolutions dans l’apprentissage de cette limite virtuelle de la part des animaux », explique Arnaud Delpeuch.
Ce dernier estime que le développement de l’IA générative risque de révolutionner le secteur informatique et de favoriser l’arriver d’outils prédictifs. « Aujourd’hui, pour mettre au point des prévisions, cela demande beaucoup de temps d’acquisition de données. Dans les prochaines années, nous aurons des prédictions plus pertinentes de manière plus rapide et à des coûts moindres. Ces nouvelles technologies sont en tout cas l’un des moyens d’attirer les jeunes générations », pense-t-il.