[Contrôles] Une trentaine de tracteurs et près de 200 agriculteurs, sympathisants de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, se sont mobilisés pour vérifier la provenance de marchandises, au péage de La Bachellerie.
Une pile de cartons estampillés “Fragile”. « Ce sont des trucs pour la restauration rapide« , explique vaguement le chauffeur du camion dont le contenu est passé au peigne fin par les agriculteurs, dimanche soir, au péage de La Bachellerie. « Ah bah justement, on tient le gros lot« , prédit Guillaume Testut, un des Jeunes Agriculteurs en train de dépiauter la marchandise.
Méthodiquement, lui et ses collègues de la FDSEA ont décidé d’inspecter les camions frigorifiques à la recherche de produits d’origine étrangère, notamment de pays « qui n’ont pas les mêmes contraintes sanitaires et phytosanitaires que les nôtres« , explique David Sautet, un Jeune Agriculteur mobilisé. À grand renfort de tracteurs pour ralentir le passage des camions avant de les immobiliser, près de 200 agriculteurs se sont ainsi rassemblés à la frontière de la Corrèze, sur l’A89, pour protester contre la signature de l’accord du Mercosur. « Cela fait plusieurs années qu’on le dit : nous en avons ras-le-bol. Nous sommes complètement effarés de constater que nous sommes bloqués dans nos actes de production par l’interdiction de molécules et des normes toujours plus contraignantes, qu’elles soient européennes ou même françaises, alors qu’en parallèle, on continue d’importer des produits étrangers« , tempête Joël Fréret, président de la FDSEA de Dordogne. « Nous faisons ce que l’État avait promis de faire et qu’il n’a pas fait : contrôler les produits en provenance de l’Europe mais aussi du monde« , ajoute David Sautet.
Pas une seule polémique
Postés dès dimanche soir au péage, les JA et la FDSEA ont ainsi contrôlé plusieurs dizaines de camions, durant deux nuits. « Il y a eu des produits français, certes, mais aussi des noisettes de Turquie et de la viande de Pologne, relève Arthur Galinat, président des Jeunes Agriculteurs de Dordogne. Le but était de faire des vidéos pour les réseaux sociaux, pour alerter l’opinion. Et nous avons gardé les camions jusqu’à 2 h ou 3 h du matin avant de les laisser repartir.«
Cette action n’est que le prélude d’une autre mobilisation qui aura amené une vingtaine d’agriculteurs périgourdins à Bruxelles pour protester cette fois contre la taxe carbone et la baisse du budget de la PAC. « Nous continuons le combat et à faire pression avec les agriculteurs voisins des pays européens, contre la signature du Mercosur dont on ne veut pas« , insiste Joël Fréret qui souligne qu’il y a aussi d’autres chevaux de bataille : « On dit que les cheptels vont disparaître avec les questions de DNC, de tub’ bovine ou d’influenza aviaire, mais il faut aussi penser au sanitaire végétal. Les vignes, l’arboriculture, avec les noix et maintenant la pomme, sont aussi en danger. On ne peut pas se focaliser que sur une seule polémique.«