Retenir les eaux pluviales

Des communes comme Boulazac-Isle-Manoire mettent en œuvre une gestion intégrée des eaux pluviales. (Ph. T. Mercier)

[Collectivité] Le Grand Périgueux et l’Agence technique départementale (ATD 24) ont organisé un colloque sur les eaux pluviales. Une gestion intégrée est prônée dès la constitution des projets d’aménagement.

Les inondations survenues dans la nuit des 3 et 4 août autour du quartier Pierre-Sémard, à Périgueux, après un orage où il est tombé 70 mm d’eau en 4 heures, ont rappelé une nouvelle fois que la gestion des eaux pluviales devient une problématique majeure.

Près de 200 élus, techniciens de collectivités, architectes, géomètres, paysagistes ont participé à une journée organisée par le Grand Périgueux et l’ATD 24 (agence technique départementale) le 6 octobre au Centre départemental Joséphine Baker à Périgueux. Il s’agissait d’aborder, notamment, la Gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP). Elle consiste à privilégier la gestion de l’eau en surface, imperméabiliser a minima, désimperméabiliser les surfaces urbaines en utilisant au maximum les solutions fondées sur la nature.

 » Jusqu’à présent, nous gérions les eaux pluviales en les captant pour les évacuer. Il s’agissait de les rejeter rapidement vers un réseau de tuyaux enterrés ou un cours d’eau. On voit les limites de cette stratégie avec des réseaux qui saturent et débordent dans les rues lors de fortes pluies « , a affirmé Stéphane Dobbels, président de l’ATD 24 et élu référent du Grand Périgueux en charge de la politique de l’eau.

Moins coûteux

Michel Bénard, ingénieur-conseil et expert national de la GIEP qui intervenait le 6 octobre, propose d’adopter une autre stratégie. Elle consiste à aménager les villes et villages de manière à « stocker » ou retenir l’eau là où elle tombe. Elle consiste en premier lieu à végétaliser au maximum les espaces urbains pour permettre à l’eau de s’infiltrer, de stocker une partie de cette ressource pour la réutiliser et de désimperméabiliser les espaces publics.  » Cette solution n’est plus une option. Elle constitue une nécessité pour adapter durablement nos territoires « , selon le président de l’ATD 24.

Cette nouvelle approche a l’avantage d’être moins coûteuse dans le cas de constructions neuves. Elle permet de lutter contre les îlots de chaleur, de diminuer la pollution des cours d’eau, de réduire les inondations et débordements et de recharger les nappes phréatiques.  » Si on arrêtait de mettre l’eau pluviale dans le même tuyau que l’eau sale des toilettes ? « , propose Michel Bénard qui prône une déconnexion du réseau pour ne pas avoir à  » laver l’eau propre « .

Soulager le réseau

En pleine révision du PLUI de l’agglomération de Périgueux, Stéphane Dobbels voudrait que ce mode de gestion des eaux pluviales soit intégré dès la réflexion des projets d’aménagement comme un élément structurant. C’est ce qu’a fait la Communauté d’agglomération de La Rochelle dont un représentant a témoigné lors de cette journée.  » Ce n’est pas la peine de mettre des tuyaux partout, a insisté l’élu. Gérer l’eau à la source produit de nombreux bénéfices, notamment de soulager le réseau d’assainissement et de limiter la sollicitation des stations d’épuration lors des épisodes pluvieux. « 

Les contraintes réglementaires se renforcent pour changer la gestion des eaux pluviales. Le Grand Périgueux a confié à l’ATD une étude du potentiel de désimperméabilisation sur l’ensemble de son territoire afin de repérer les secteurs les plus adaptés. Cette analyse sera complétée par une étude de faisabilité.

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