[Gestion] La Chambre d’agriculture était réunie, mardi 24 mars, au pôle interconsulaire de Coulounieix-Chamiers pour la session. La bonne situation financière de l’institution a été soulignée durant les travaux.
La Chambre d’agriculture de la Dordogne avait réuni ses membres, mardi 24 mars, au pôle interconsulaire de Coulounieix-Chamiers pour la première session de l’année. Les travaux ont débuté par un tour d’horizon complet des comptes de l’institution. Les activités de la Chambre d’agriculture en 2025 ont créé de la richesse, ce qui lui permet d’augmenter son fonds de roulement de 39 000 € pour un montant total de 2 682 000 € soit l’équivalent de 103 jours de fonctionnement. Cette présentation des comptes financiers 2025 a été validée par les élus.
La bonne santé financière de la Chambre d’agriculture permet à l’institution d’avoir des capacités à investir pour l’avenir. C’est ce qu’elle n’a pas manqué d’ailleurs de faire récemment avec le développement d’une nouvelle application mobile, sortie le 17 février et présentée durant la session. « C’est un outil complémentaire qui est gratuit et nous permet de toucher autrement les agriculteurs. Et l’un des objectifs est de renforcer la réactivité des exploitants face aux événements climatique », a résumé Amandine Legros, chargée de communication à la Chambre d’agriculture.
Du côté de l’organisation interne de l’institution, les élus ont voté une modification du règlement intérieur pour les commissions territoriales afin d’éviter que des postes soient vacants, soit en raison d’un départ de l’un des membres ou de non-désignation au début du mandat. Une modification adoptée à l’unanimité.
Une motion qui passe mal
Après ce temps administratif et comptable, est venu le moment de l’expression syndicale au travers des motions. La Coordination rurale a été la première à ouvrir le bal avec un texte relatif à « l’absence de réponse des pouvoirs publics ». En substance, ce texte lu par Cyprien d’Hautefeuille, membre de la CR 24, évoque « un sentiment profond de lassitude et de perte de confiance chez les agriculteurs ». Le syndicat estime que les réponses des pouvoirs publics ne sont pas adaptées à l’urgence. « Face aux difficultés à faire entendre les revendications, le syndicat envisage des modes d’actions plus marqués et réclame le rétablissement d’un dialogue réel avec les services de l’État. »
Cette motion de la CR a fait réagir la préfète, pour qui ce texte est injuste et désagréable « au regard du travail des services de l’État à l’égard du monde agricole périgourdin ». « Je ne peux pas vous laisser dire que le dialogue n’existe pas au niveau local alors que j’ai reçu les organisations syndicales durant les mobilisations. Par ailleurs, au plan national, un plan d’urgence avec une enveloppe de 300 millions d’euros a été annoncé. Tout ceci constitue des réponses », a précisé assez sèchement Marie Aubert.
Le financement des formations interroge
La Confédération paysanne a, de son côté, tenu à alerter sur la situation de Vivéa, le fonds de formation du monde agricole. « Les restrictions budgétaires de Vivéa ont privé les paysans et les paysannes d’accès à des formations qui sont pourtant obligatoires dans le parcours à l’installation. C’est la raison pour laquelle nous demandons davantage d’anticipation et de transparence dans la gestion du fonds formation par Vivéa », s’est ainsi exprimée Alice de Mascarel, élue de la Confédération paysanne. Ces inquiétudes sont également partagées par Julien Michaud, directeur de la Chambre d’agriculture, qui craint « que les agriculteurs n’aient plus accès aux formations dans le futur ». « Aujourd’hui, lorsqu’une prise en charge de formation nous est refusée, nous prenons à notre charge sa mise en œuvre. Car bien souvent, nous avons mobilisé un agent sur le montage du dossier pendant plusieurs semaines et ce refus de Vivéa est souvent tardif par rapport à la date envisagée de formation. C’est une impasse totale », s’est-il désolé.
Par ailleurs, le sujet du développement des bâtiments photovoltaïques s’est invité dans le débat car certains élus ont alerté la préfète sur l’engorgement au niveau des raccordements de ces bâtiments, bloquant de fait tout nouveau projet dans le département. « Pour désengorger, il faut augmenter les capacités de raccordement. Alors, pourquoi ne pas installer dans les territoires, à proximité des postes sources, des data centers qui sont énergivores et permettraient d’augmenter cette consommation d’électricité », propose Rémi Dumaure, président de la Chambre d’agriculture. La préfète, de son côté, a souligné en clôture la bonne tenue des débats et assuré que ses services se tiennent toujours aux côtés du monde agricole.