Un outil de travail indispensable

Le président du Département, au côté du maire, s'est dit sensible à la mobilisation des éleveurs locaux pour le maintien de l'activité de l'abattoir. (Ph. E. Lassort)

[Élevage] Menacé de fermeture il y a un an, l’abattoir municipal d’Eymet fait valoir ses atouts de proximité et de qualité pour maintenir son activité.

Lors de sa journée de visites dans le canton du Sud-Bergeracois, jeudi 3 septembre, le président du Département, Germinal Peiro était attendu par une grosse dizaine de personnes devant l’abattoir d’Eymet.

À l’avant de ce bâtiment ancien, une aile récente. La bouverie, construite il y a trois ans, permet d’accueillir les animaux avant d’être abattus. L’investissement n’a pas suffi à pallier les problèmes de personnels, d’approvisionnement et de mises en conformité, qui ont mené à la prise de décision de la préfète de prendre un arrêt de fermeture temporaire, mi-septembre 2025.

« Les deux mois de fermeture ont causé un manque à gagner certain aux éleveurs de la région », souligne le maire, Jérôme Bétaille. Celui-ci se félicite du travail mené avec le Département et la Région pour remettre à flot cet outil de travail indispensable. « La fermeture de l’abattoir de Bazas (Gironde), en novembre 2025, a joué un rôle dans cette réouverture, en amenant notamment un gros apporteur« , précise l’édile.

Avec cinq ouvriers qui représentent trois équivalents temps plein, l’abattoir « traite » entre 800 et 900 tonnes par an, pour une capacité de 1 200 tonnes par an, alors que la moyenne observée en France tourne autour de 4 000 tonnes par an…

Le président du Conseil départemental croit en ce modèle « à taille humaine« , qui correspond davantage au marché, tout comme les co-gestionnaires de la société d’exploitation, le Girondin Bertrand Ortolland et le Lot-et-Garonnais René Maso, tous deux éleveurs et négociants. Âgé de 84 ans, René Maso s’est toujours élevé contre les grosses unités. « Aujourd’hui, je me bats pour les jeunes de 30-40 ans qui composent le plus gros des apporteurs. »

Un soulagement pour les 65 apporteurs

« L’investissement est fait et très bien fait », résume Quentin Quievy, boucher et éleveur de bovins et porcs à Soumenzac (Lot-et-Garonne). « Il faut conserver cet outil. » Caroline Herpin, éleveuse de bovins à Saint-Capraise-d’Eymet le rejoint et met en avant l’atout de proximité, « qui équivaut au bien-être de mes animaux« .

Face à l’inquiétude grandissante concernant l’avenir de l’agriculture dans le territoire, la mobilisation reste plus que jamais d’actualité.

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