[Sécheresse] Marie Aubert, préfète de la Dordogne, a présenté la déclinaison départementale du plan Casi (Climat, adaptation, sécheresse, incendies). Une aide de 2,87 M€ échoie à la Dordogne.
« L’objectif, aujourd’hui, est d’être réactif car la situation de gestion de crise est déjà là. » Par là, la préfète, Marie Aubert, soulignait, vendredi 11 septembre, toute l’urgence qui préside à la répartition de l’aide du plan Casi (Climat, adaptation, sécheresse, incendies), à destination des agriculteurs. Annoncé à plus d’un milliard d’euros au niveau national, il représente une enveloppe de 37,3 millions d’euros (M€) pour la Nouvelle-Aquitaine. La répartition par départements a déjà été décidée. La Dordogne touchera ainsi 11 % de cette enveloppe, soit 2,87 M€.
Les cinq épisodes de canicule qui ont sévi en Dordogne depuis le mois de mai et l’absence de pluie ont touché avec une égale dureté l’ensemble de la vingtaine de ses filières. La diversité de ces dernières ainsi que le nombre de jours de canicule subi par la Dordogne justifient qu’elle soit la seconde la mieux lotie en matière d’aides (juste derrière le Lot-et-Garonne et ex aequo avec les Deux-Sèvres). « L’objectif est désormais d’aller vite dans la distribution de cette enveloppe. Nous avons bon espoir que, dès la semaine prochaine, nous ayons établi les critères de répartition pour pouvoir distribuer les montants dès octobre« , avance la préfète, qui précise que « cette aide forfaitaire sera plafonnée à 10 000 € par exploitation« .
Un principe devrait guider les discussions entre la préfecture, la DDT (direction départementale des territoires), les syndicats agricoles ainsi que la Chambre d’agriculture : « ne pas aller sur un saupoudrage qui serait inefficace, mais faire en sorte que ces montants viennent en complément des dispositifs existants tels que l’ISN (indemnisation de solidarité nationale). Des agriculteurs tels que les fraisiculteurs ou les maraîchers, qui ne bénéficient pas de l’ISN, pourront ainsi être aidés.«
Jusqu’à 80 % de pertes
Dans le plan Casi, la simplification des procédures ISN pour accélérer les versements a également été annoncée.
« Le but, encore une fois, est d’aller vite pour renseigner les bilans afin de tout faire passer en commission nationale, début octobre. Les seules filières dont nous aurons les chiffres début novembre sont la viticulture et la châtaigne« , souligne Christophe Leyssène, directeur départemental des territoires de la Dordogne.
Si, vendredi 11 septembre, la préfète qualifiait les échanges de « sereins« , chaque filière aura à cœur de défendre ses intérêts. Au niveau des prairies, les agriculteurs accusent des pertes de fourrage d’en moyenne 45 %. En céréales d’hiver, les taux oscillent entre – 15 % et – 20 % alors qu’en céréales de printemps, les taux explosent entre – 50 % et – 60 %. Enfin, en arboriculture, cela varie de – 30 % à – 80 % selon les cultures. Les chiffres sont à consolider mais en viticulture, on pressent des taux de pertes autour de 50 % pour les rouges et 30 % pour les blancs.