[Entretien] Le sénateur représentant du Parti socialiste postule pour un second mandat de six ans. Membre de la commission des affaires économiques, il a à cœur de défendre la santé animale et les enjeux de l’eau.
Le 27 septembre, vous vous présentez pour briguer un second mandat aux élections sénatoriales. Pourquoi vouloir revenir à ce poste d’élu ?
Serge Mérillou : Je me représente parce que j’ai un long parcours d’élu local. J’ai été maire pendant 31 ans, je suis conseiller départemental depuis 24 ans et donc sénateur depuis six ans. Or, la difficulté au Parlement réside dans le fonctionnement : il y a des mécanismes très compliqués qu’il faut vraiment maîtriser. Je me présente pour un second mandat car je commence à connaître les arcanes du fonctionnement et que c’est passionnant. Mon expérience de politique locale ainsi que ma carrière dans les organisations professionnelles agricoles me servent dans mon rôle dans la commission des affaires économiques où je siège.
N’est-ce pas frustrant, après avoir connu le contact avec le terrain, de devoir travailler à un autre niveau, plus administratif ou législatif ?
S. M. : Quand on est parlementaire, sénateur ou député, sur les projets dont on parle, il faut accepter d’être sur du temps long. Si on n’accepte pas ça, si on veut que ça soit fait tout de suite, la première conséquence sera de créer un déséquilibre. L’agriculture, notamment, est un paquebot, et on ne change pas de cap comme ça du jour au lendemain. Les améliorations qui découlent des changements de cap mettront du temps pour faire effet.
Vous avez maintes fois porté des sujets concernant le monde agricole. Vous souhaitez continuer ?
S. M. : Oui. Avec mes collègues de la commission, en 2022, nous avons fait ce constat que l’agriculture est aujourd’hui en grande difficulté. C’est toujours d’actualité. Il y a des problèmes structurels très nombreux, mais celui des revenus est le premier. Ceux qui vivent ce métier ne dégagent pas de revenus. Un autre problème est celui de l’eau. Les mesures que je préconise permettraient de développer le stockage de l’eau qui est nécessaire. Mais pour les mettre en place, il faudrait revoir une réglementation qui est quand même très tatillonne.
Y a-t-il des dossiers encore inachevés que vous aimeriez mener à bout ?
S. M. : J’ai déposé une proposition de loi sur la santé animale. Pourquoi la santé animale ? Parce que c’est un angle mort des politiques publiques agricoles. on n’en parle que quand il y a des catastrophes. Quand il y a une épidémie de grippe aviaire, où il faut abattre des centaines de milliers de poulets, de canards… ou quand on a d’autres problèmes sanitaires tels que la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) ou la tuberculose bovine. Or, s’il y a une politique publique qui pourrait être harmonisée au niveau de l’Union européenne, ce sont bien toutes les politiques en matière de santé animale. Il faudrait harmoniser la recherche ainsi que la fabrication des vaccins lorsqu’il y a possibilité d’en créer.
Toujours en lien avec la santé animale, je soutiens la création d’une cinquième école vétérinaire à Limoges, idée portée depuis 10 ou 15 ans, notamment par la Région. J’ai déposé cette proposition de loi signée par une soixantaine de sénateurs mais elle n’a toujours pas été validée. C’est une question qu’il faut continuer à poser, car il y a toujours beaucoup de propositions de loi qui arrivent, liées aux circonstances. Il faut être patient et travailler sur le long terme.