On est passés au four électrique

Ludovic Genesseau sort ses pains du four électrique qui a permis au boulanger de faire de belles économies. (Ph. N. Fray)

[Nontron] Quand ils ont emménagé dans leur nouvelle boulangerie, Céline et Ludovic Genesseau ont préféré investir dans un nouveau four plutôt que déménager l’ancien au gaz. Un choix gagnant. 

On peut dire que Céline et Ludovic Genesseau ont eu du flair. Dès qu’ils ont eu l’idée de faire construire leur boulangerie, les deux entrepreneurs de Nontron se sont penchés sur la question de l’énergie. Il faut dire que c’est la charge fixe qui leur coûte le plus cher. « On a eu affaire à une courtière en énergie qui est venue sur place pour promouvoir ses contrats en énergie« , explique Céline Genesseau qui en a profité pour se renseigner sur les prix. C’était bien avant la guerre en Ukraine et la flambée des cours qui en a été une des conséquences.

En 2023, quand ils ont emménagé dans leur nouvelle boulangerie, sur le boulevard Gambetta à Nontron, qu’il venait de faire construire, la question du choix du four s’est très vite posée. « On a fait faire des devis. Démonter et réinstaller le four à gaz, que nous utilisions dans notre ancien local, nous coûtaient plus cher que d’investir dans du neuf« , poursuit la boulangère. D’autant qu’à l’époque des aides à l’acquisition d’un four électrique leur permettent de diviser la facture par deux. « Avec un soutien de 50 % de notre achat hors taxe, soit 25 000 euros, on a pu acheter le four qui convenait pour notre projet.« 

Décarboner son activité

L’objectif de l’aide de l’État « Décarb flash artisan », dont ils ont bénéficié, est d’aider les professionnels à décarboner leur activité. Les boulangers de Nontron sont prêts pour le changement, mais ils choisissent de se faire aider. Ils demandent à la courtière en énergie, qu’ils avaient reçue dans leur boulangerie quelques années auparavant, de les aider à trouver le contrat le plus adapté aux spécificités de leur métier. « Elle nous a permis de bénéficier de bons tarifs, notamment dans des tranches horaires intéressantes pour nous. Nous avons ainsi souscrit à un forfait spécial pour les boulangers avec des tarifs préférentiels sur le créneau horaire minuit – six heures du matin« , précise Ludovic Genesseau.

Lorsque le contrat arrive à son échéance, c’est la courtière en énergie qui prospecte les fournisseurs pour trouver le plus avantageux pour les entrepreneurs. « Aujourd’hui on a tout intérêt à changer souvent de forfait d’électricité car il y a de réelles économies à faire, mais il faut bien se renseigner et on n’a pas toujours le temps de le faire« , conclut les artisans.

« On a tout intérêt à changer souvent de forfait d’électricité car il y a de réelles économies à faire.« 

Trois ans après être passés à l’électrique, ils estiment avoir réalisé des économies, tout en augmentant les volumes de leur activité. « Contrairement au four à gaz, nous ne sommes pas obligés d’allumer l’intégralité des quatre étages de notre four à soles électrique en même temps, ce qui contribue à réduire notre facture« , souligne l’artisan boulanger.

S’adapter aux clients

Il n’y a pas que le four qui a changé dans la nouvelle boulangerie. Depuis leur installation dans l’ancien local en 2016, les modes de consommation ont beaucoup évolué. Le Covid a marqué un tournant et, bien après la crise sanitaire, les salariés ont gardé des habitudes de consommation contractées pendant cette période de distanciation sociale. Ainsi, ils continuent de plébisciter le snacking. Ainsi s’appelle cette tendance qui consiste à aller s’acheter de quoi manger pour le consommer dans son bureau ou chez soi.

Les boulangers de Nontron ont bien intégré cette nouvelle donne et ils ont embauché une personne à temps plein pour s’occuper exclusivement de la partie snacking. Dans leur boulangerie, ils ont dédié un espace aux consommateurs qui voudraient acheter de quoi déjeuner et le manger sur place.

Là aussi, ils y ont mis un certain talent, faisant appel à une décoratrice d’intérieur pour donner un tour très cosy à cet endroit où il est agréable de déjeuner, mais aussi de prendre une boisson chaude, une viennoiserie ou une pâtisserie. Les résidents, comme les gens de passage, ont très vite pris leurs habitudes dans cet endroit. Désormais, un tiers du chiffre d’affaires (passé de 460 000 à 1,1 million d’euros) de la boulangerie se réalise sur la vente à emporter ou… à consommer sur place.

Les boulangers de Nontron ont dû adapter leur équipe et leurs horaires à ces nouvelles tendances de consommation. Ils étaient 4 dans leur ancienne boulangerie, ils ont été jusqu’à 17, en comptant les apprentis, dans leur nouveau site.

Décision a été prise de rester ouvert entre midi et 14 heures, mais aussi de fermer le dimanche. Aujourd’hui, dix salariés travaillent à la boulangerie « Aux caprices d’antan », plus dans son annexe de Saint-Saud-Lacoussière (ouverte par le couple suite à la fermeture de la seule boulangerie du village.) Des changements qui ont eu des incidences sur les dépenses d’énergies.

La fermeture dominicale a permis d’économiser de l’électricité, ce qui compense les coûts énergétiques liés à l’ouverture du commerce entre midi et deux, et à l’achat de nouvelles machines qui fonctionnent quasi non-stop dans cette tranche horaire, comme le four micro-onde ou la machine à paninis.

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