Le film « Semer et récolter » suit le quotidien d’agriculteurs du Perche. Trois séances ont lieu en Dordogne avec le réalisateur en visio, lundi 23, mardi 24 et mercredi 25 mars.
La pandémie de Covid a donné à Éric Le Roch l’envie d’explorer de nouvelles contrées cinématographiques. Le réalisateur a délaissé un temps la fiction pour aller frapper à la porte de ses voisins agriculteurs, dans le Perche.
Pendant un an, entre août 2023 et 2024, sa caméra a suivi le quotidien de trois fermes, selon les envies de leurs habitants. « Je leur ai dit « je ne suis pas documentariste, je ne suis pas journaliste, je ne vous poserai aucune question écologique, économique ; je veux que ce soit vous qui éclairiez le film, dans votre quotidien », retrace-t-il.
De cette immersion est né « Semer et récolter », qui sera projeté à 20 h, lundi 23 mars à Terrasson, mardi 24 mars à Montignac et mercredi 25 mars au Buisson-de-Cadouin. On y fait connaissance avec François, éleveur de vaches normandes, l’un des premiers à avoir opté pour un méthaniseur en circuit court, Mathias et Mathieu, qui ont repris la ferme de leurs parents et se mettent au solaire pour pérenniser leur élevage laitier, ainsi que Justine, en cours d’installation, qui transforme le lait de ses 40 chèvres en fromage. Au fil des saisons, Éric Le Roch filme la moisson, une césarienne, un rendez-vous à la Chambre d’agriculture… mais aussi un mariage ou une fête d’anniversaire. « J’ai mis en forme, monté, donné un sens au film mais ce sont eux qui m’ont appelé quand ils voulaient. C’est un travail collectif. »
« Des gens qui travaillent en fraternité »
Selon son réalisateur, « Semer et récolter » rentre « dans l’intimité humaine du quotidien d’un agriculteur », y montrant une forme de vivre-ensemble. « On voit des gens qui travaillent en fraternité. Quand ils font l’ensilage, ils ne peuvent pas le faire seuls donc ils sont associés avec une vingtaine d’autres fermes. Le matériel, c’est souvent de la Cuma, un partage parce que les machines coûtent trop cher : au lieu d’acheter une moiss’bat à 700 000 €, ils sont dix à l’acheter. Ça, on ne l’explique pas beaucoup », estime Éric Le Roch.
Lors des projections organisées depuis le mois de septembre partout en France, on lui a parfois fait remarquer que le film ne retrace pas les difficultés du métier. Une objection balayée rapidement : « Bien sûr qu’il y a des côtés de l’agriculture où il y a des nuages, mais le fait de montrer le soleil redonne de l’espoir. J’ai suivi des agriculteurs qui n’ont pas de difficultés ou, en tout cas, s’ils en ont, ne me l’ont pas témoigné. »
Lui a voulu souligner la passion de ces hommes et femmes qui exercent « avec probité, intégrité parce qu’ils aiment leur métier ». Éric Le Roch filme des agriculteurs « extrêmement intelligents, résilients, avec une jeunesse qui arrive, veut reprendre, avec une vraie conscience » et revendique l’optimisme de son documentaire. « C’est intéressant de montrer les tempêtes, mais c’est intéressant aussi de montrer les endroits calmes, où tout se passe bien. »