Saint-Amand-de-Coly Le Temps de Far organise sa Journée du savoir-faire, moment de partage autour des métiers de la main.
Il est de ces rencontres qui donnent du sens, de celles qui rappellent que derrière chaque objet façonné à la main se cachent une histoire, une passion et une conviction profonde. Sébastien Aniballe, son épouse Audrey et Amélie Siorat sont de ceux-là. Passionnés par leurs métiers, artisans convaincus et amoureux du geste juste, ils font vivre à St-Amand-de-Coly un artisanat sincère, humain et profondément enraciné dans son territoire.
Le 8 mai, le village périgourdin vibrera au rythme des marteaux, des tours de potier et des métiers à tisser à l’occasion de la troisième édition de la Journée du savoir-faire. L’événement est porté par l’association « Le Temps de Far », créée par ces trois artisans avec l’aide d’Alain Lagorsse, un des derniers dinandiers d’art français, qui les épaule régulièrement.
Une journée « faite main » et vivante
Au pied de l’abbaye fortifiée, vieille de plus de 900 ans, ces passionnés entendent faire revivre l’esprit des bâtisseurs d’autrefois. « L’idée est de remettre la forge au milieu du village, explique Sébastien Aniballe, coutelier-forgeron. À l’époque médiévale, la forge fabriquait les outils indispensables à tous les artisans. Puis, une fois l’abbaye construite, elle devenait le cœur du village. »
Cette journée est pensée par les artisans eux-mêmes, avec une ambition claire : créer un rendez-vous populaire, authentique et profondément ancré dans les valeurs de l’artisanat traditionnel. Pour cette édition 2026, 23 artisans venus de Dordogne et des départements limitrophes seront présents. Un choix assumé par les organisateurs, qui souhaitent permettre aux visiteurs de retrouver facilement un artisan découvert lors de la manifestation.
Mais ici, pas de revendeurs ni de produits standardisés. « On voulait des artisans qui travaillent vraiment la matière, insiste Amélie Siorat, elle-même potière. Les visiteurs pourront découvrir les matières premières : le grès pour ma part, mais aussi l’acier, le laiton, le tissu… » La Chambre des métiers et de l’artisanat de Dordogne est un des soutiens de l’événement ; elle accompagne cette mise en lumière des métiers d’art.
« Remettre la forge au milieu du village. »
Tout au long de la journée, douze démonstrations en direct rythmeront les ruelles du village : forge au charbon, poterie, vannerie, tissage ou encore travail du métal. « Je vais forger en direct avec un collègue forgeron, annonce Sébastien Aniballe avec enthousiasme. À la fin de la journée, on espère avoir créé une épée ! » Une expérience immersive pensée pour éveiller tous les sens : l’odeur du charbon et des savons artisanaux, le bruit des marteaux sur l’enclume, le toucher des matières brutes, la chaleur des fours et des forges… « Ça va sentir, ça va taper, bref une journée pour en prendre plein les sens », sourit Amélie Siorat. Les visiteurs pourront également profiter des établissements de restauration de la commune ainsi que d’un food truck installé pour l’occasion.
L’artisanat comme réponse à la surconsommation
Réputée pour sa richesse patrimoniale, Saint-Amand-de-Coly s’attache aussi à valoriser ses nombreux artisans installés à l’année, loin de l’image de simples animations touristiques estivales, mais animés par la volonté de défendre un artisanat traditionnel et accessible.
Au-delà de l’événement festif, les organisateurs souhaitent porter un véritable message de société. Celui du « prix juste », du temps nécessaire à la fabrication et de la transmission d’objets durables. « On veut vraiment mener une action pédagogique auprès du grand public, arrêter cette frénésie de consommation et revenir à l’essentiel, explique Sébastien Aniballe. Nos créations sont faites pour être transmises de génération en génération, comme un héritage. Elles sont fabriquées par amour de notre métier et des gens. »
Dans cet esprit, Amélie Siorat et Sébastien Aniballe dévoileront une création unique réalisée spécialement pour cette troisième édition : un abreuvoir à abeilles conçu à quatre mains. Le forgeron a façonné le pied et une fleur en métal, tandis que la potière a réalisé une coupelle destinée à accueillir les insectes pollinisateurs. Une pièce 100 % périgourdine, réalisée exclusivement avec des matériaux français.
Au fil des éditions, la journée du savoir-faire est attendue tant par les visiteurs que par les artisans eux-mêmes. Un moment de partage autour des métiers de la main, de la passion des artisans et de la transmission des savoir-faire. Pour les enfants, ce sera peut-être l’éveil de vocations. Derrière chaque pièce, chaque outil et chaque geste, c’est tout un patrimoine vivant que ces artisans s’attachent à faire rayonner.