Des rendements en baisse

Florent Claudel, producteur de châtaignes à Montagnac-la-Crempse, déplore une perte de production importante. (Ph. Th. Mercier )

[Production] La récolte de châtaignes touche à sa fin dans le département. Les producteurs font déjà le constat de résultats décevants. Les pertes économiques vont être importantes. Exemple à Montagnac-la-Crempse.

Une année à oublier. Depuis bientôt un mois, les producteurs de châtaignes du département ont débuté leur récolte. C’est le cas notamment de Florent Claudel, éleveur au Gaec RHEA 66 basé à Montagnac-la-Crempse. Ce dernier a commencé à récolter ses 5 ha de châtaignes, lundi 12 octobre, et a très vite constaté les dégâts.

« Je pense que je vais ramasser à peine trois tonnes, soit un tiers de moins que l’année dernière. Habituellement, je récolte environ 1,5 tonne par hectare. Cette année je suis loin d’atteindre ce rendement puisque j’estime ma récolte entre 600 et 700 kg/ha. Cette dernière a été impactée depuis la floraison en raison de la sécheresse. Habituellement, je débute ma campagne d’irrigation fin juillet, début août et cette année, il a fallu arroser dès le début du mois de mai », explique le producteur.

Ce stress hydrique a entraîné un retard sur la pollinisation, il y a eu beaucoup de chaleur sur la fleur. Il y a donc moins de fruits dans la bogue, la châtaigne n’a pas pu se former convenablement.

« Je pense que je vais ramasser un tiers de moins que l’année dernière. »

Florent Claudel a pu le constater directement sur la table de tri de sa machine installée dans son verger. « Il y a beaucoup de petits fruits et beaucoup de châtaignes échaudées, c’est-à-dire qu’elles ont subi un choc thermique important avec beaucoup de chaleur puis de l’eau par-dessus ; elles ont donc pourri », ajoute-t-il. À peine les palox rentrés dans son exploitation, l’éleveur fait ses calculs. Il estime qu’il va perdre 12 000 à 15 000 euros car à certains endroits son rendement n’excède pas 100 kg par hectare. « La vente de cette année payera péniblement l’irrigation mise en place », confie-t-il.

Ce dernier n’est malheureusement pas le seul puisque les pertes sur le bassin du Sud-Ouest sont estimées à 50 %.

« Une année normale c’est 3 000 à 3 500 tonnes. À titre d’exemple, la station de recherche Invenio produit en moyenne quinquennale 45 tonnes. L’année dernière, l’institut a produit 65 tonnes et cette année, la récolte ne va pas dépasser 25 tonnes », détaille Bertrand Guérin, président de l’Union interprofessionnelle châtaigne Périgord-Limousin.

Dans l’attente des indemnisations

Il y a quelques jours, la préfecture de la Dordogne avait présenté ses arbitrages dans la mise en place du fonds d’indemnisations des agriculteurs. Ce plan Casi n’a pour le moment pas intégré la filière châtaigne car les résultats de récolte ne sont pas encore consolidés. Ce qui n’a pas empêché la filière de se mobiliser.

« Nous aimerions faire reconnaître le caractère de calamité agricole. Pour ce faire, nous avons mené une série de commissions d’enquêtes chez les producteurs périgourdins. La difficulté, c’est que la production de châtaigne est une culture de diversification, ce qui rend difficile les indemnisations. Nous sommes pour la plupart dans des situations très compliquées », précise Bertrand Guérin.

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