Des moulins qui continuent de tourner

Le Moulin bas de Saint-Vincent-le-Paluel accueillera les visiteurs tout au long du week-end, comme onze autres sites du département. (Ph. Elisabeth Cazenave)

[Saint-Vincent-le-Paluel] Les 16 et 17 mai, des visites et animations sont proposées lors des Journées européennes des moulins.

« Meunier, tu dors, ton moulin va trop vite… Meunier, tu dors, ton moulin va trop fort. » À la lecture de ces lignes, l’air de cette comptine vous est sûrement venu en tête. Comme des générations d’enfants, vous l’avez apprise de vos parents ou sur les bancs de l’école. Mais les petits qui fredonnent aujourd’hui ces paroles les comprennent-ils entièrement ? Pas sûr, alors que les moulins, pourtant inscrits de longue date dans nos paysages, tendent à disparaître. La Dordogne en comptait presque 2 000 au XIXe siècle. Certains ont depuis été détruits, d’autres, transformés en habitations, ont perdu leur usage premier. Difficile de savoir exactement combien subsistent dans le département à l’heure actuelle. Pour célébrer ce patrimoine vivant rural, la Fédération des moulins de France propose une nouvelle édition des Journées européennes des moulins et du patrimoine meulier, les 16 et 17 mai. Les moulins ouvrent leurs portes aux visiteurs et leur offrent un riche programme de visites guidées, d’animations, de démonstrations et de spectacles.

En Dordogne, douze sites accueilleront ainsi les curieux tout au long de ce week-end dédié. « Le but est de montrer qu’un moulin est un patrimoine, souvent ancien, qui a eu son utilité et en a toujours une », explique Élisabeth Cazenave, présidente de l’Association des moulins de Nouvelle-Aquitaine (Amna).

Travaux de restauration

Cette Trélissacoise est elle-même propriétaire du Moulin Bas, à Saint-Vincent-le-Paluel, acquis par son père en 1971. « Il a d’abord acheté l’habitation du meunier et la grange attenante, puis a fini par racheter le moulin, en 1996, après qu’il a été vendu deux fois », retrace-t-elle. Il s’en est fallu de peu que la famille ne fasse raser l’ensemble, mais une rencontre avec un passionné les en a dissuadés et ils se sont finalement lancés dans de grands travaux de restauration des lieux.

L’ancienne habitation du meunier et la grange ont été rassemblées pour offrir un nouvel espace de logement où ils séjournent régulièrement. Quant au moulin, il a lui aussi fait l’objet de réfections : « le seuil était partiellement détruit, nous l’avons refait en 2014, en construisant une passe à poissons ».

Le bief (canal d’irrigation qui amène l’eau aux roues de moulins, NDLR) remis en eau au moment de ces travaux, a été laissé à sec cette année après le passage de la tempête Nils, qui a occasionné une grosse brèche à réparer. Élisabeth Cazenave et son époux, Pascal, ont également le projet de remettre en service une des paires de meules de l’édifice pour réaliser des démonstrations de fabrication de farine. Ils sont pour l’instant à la recherche de pièces et d’une solution technique pour soulever les éléments qui pèsent près de 800 kg.

Cela ne les empêche pas de recevoir régulièrement des visiteurs, notamment dans le cadre des Journées européennes des moulins. Élisabeth Cazenave remarque que parmi ceux qui poussent la porte, « il y a souvent des gens de la commune, qui passent 10, 20 fois sur la route et ne s’étaient parfois jamais rendu compte qu’il y avait un moulin là ». Elle constate aussi un véritable intérêt de la part des plus jeunes. « Les enfants ne savent pas toujours d’où vient la farine ou comment est faite l’huile de noix. » Les visites offrent l’occasion de leur expliquer.

« Une génération qui a connu les moulins et qui les fait tourner aujourd’hui va s’arrêter, mais en Nouvelle-Aquitaine, il y a beaucoup de jeunes qui s’intéressent aux moulins et en reprennent pour les faire fonctionner », se réjouit la présidente de l’Amna. L’association assure le lien entre les propriétaires de moulins et les services de l’État pour la sauvegarde de ce patrimoine. Elle travaille en lien avec l’agence de l’eau Adour-Garonne et organise des journées techniques. Elle tisse des liens avec tous les acteurs et usagers des rivières, comme les pêcheurs ou les agriculteurs notamment.

Moulins à eau et à vent

Outre celui de Saint-Vincent-le-Paluel, onze moulins proposent des visites et animations ce week-end à travers tout le département : le moulin du Duellas, à Saint-Martial d’Artenset, le moulin de Salles à Tocane, le moulin du Pont à Montagrier, le moulin du Vieux pont de Saint-Jean-de-Cole, le moulin de la Veyssière à Neuvic, la minoterie du Chez à Comberanche-et-Épeluche, la filature de Belvès, le moulin de la Rouzique, à Couze-et-Saint-Front, le moulin de Citole à Sadillac – le seul à vent, le moulin de la Baysse, à Excideuil et le moulin de la Commanderie, à Condat-sur-Vézère. De quoi aller réveiller un ou deux meuniers…

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