Du 1er avril au 31 octobre, l’exposition de sculptures en PVC, céramique ou plexiglas d’Annie Soret envahit les allées et buissons d’Eyrignac, transformant les jardins en centre d’art contemporain à ciel ouvert.
En 1991, Bernard Werber écrivait dans son best-seller, Les Fourmis : « Les fourmis sont plus, infiniment plus, nombreuses que nous. […] Elles étaient là 100 millions d’années avant nous, et […] seront sûrement encore là 100 millions d’années après nous. Nous ne sommes qu’un accident de trois millions d’années dans leur histoire. D’ailleurs, si des extraterrestres débarquaient un jour sur notre planète, ils ne s’y tromperaient pas. Ils chercheraient sans aucun doute à discuter avec elles. Elles : les vrais maîtres de la Terre.«
Et peut-être alors tenteraient-ils d’entrer en contact avec celles visibles dès le mercredi 1er avril dans les Jardins d’Eyrignac, à Salignac-Eyvigues. Annie Soret, maître artisane céramiste, prend possession du site avec l’exposition « Des fourmis à Eyrignac » jusqu’au 31 octobre, et transforme les jardins « en parcours artistique immersif« . « Inspirée par la nature qu’elle cherche à sublimer, Annie Soret compose un univers où fantaisie, poésie et matière rencontrent la rigueur paysagère d’Eyrignac« , explique la famille Sermadiras, responsable des jardins. Pour eux et les jardins, elle a conçu une exposition sur mesure, « où l’infiniment petit devient monumental« .
Les extraterrestres qui s’adresseraient aux fourmis d’Annie Soret en découvriraient ainsi de toutes tailles et de toutes les couleurs, sur des chemins de pierre comme perchées dans les arbustes. Formée aux arts appliqués à Paris, l’artiste a fait de l’argile son langage privilégié. Grès, porcelaine ou faïence s’allient au métal, au verre ou aux polymères dans des œuvres exposées en France et à l’international. La multiplicité des matériaux est de nouveau de mise dans cette exposition qui invite le visiteur à suivre un parcours nature et poétique.
Art topiaire et sculptures géantes
Annie Soret a mobilisé « une véritable armée poétique façonnée en grès, métal, plexiglas, PVC et mosaïque miroir » pour ponctuer les jardins de 14 mises en scène. Deux tubes de plexiglas de deux mètres parcourus de fourmis invitent d’abord à entamer la balade. Les jardins d’Eyrignac n’ont pas attendu d’être peuplés de fourmis remarquables pour receler de petites merveilles. Avec son jardin fleuriste, ses sculptures végétales et ses jardins à la française, l’endroit est à lui seul un modèle d’art topiaire (art du paysage qui consiste à tailler les arbres et arbustes de jardin dans un but décoratif pour former des haies, des massifs ou des sujets de formes très variées, géométriques, personnages, animaux).
Disséminés dans toute cette verdure, Les danseuses, Sisyphe, Comme un Arc-en-Ciel, Transparence, Pyramide ou encore Sphère Évasion ou Échelle de Jacob sont autant de rendez-vous avec l’art contemporain. « Point d’orgue du parcours : le trio monumental des Musiciennes, sculpture métallique culminant à près de trois mètres, affirme la dimension spectaculaire du projet.«