[Coopération] À l’initiative de la Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine, une troisième journée d’échanges autour du gaspillage alimentaire a eu lieu à Bergerac, vendredi 11 septembre, sur le site de Tomates d’Aquitaine.
Dans la hiérarchie des actions pour lutter contre le gaspillage alimentaire, établie par la loi Garrot (loi anti-gaspi), en 2016, la prévention pour empêcher ou réduire le gaspillage est la plus importante. Vient ensuite la transformation ou le don, d’abord pour la consommation humaine puis la consommation animale. En dernier lieu, lorsque ces trois étapes n’ont pas été possibles, on peut valoriser les aliments qui ne sont plus consommables, notamment par le compostage. « Mais valoriser, ce n’est déjà plus éviter le gaspillage alimentaire, car c’est valoriser du déchet alimentaire« , prévenait Carole Bégué, coordinatrice au Crepaq (Centre régional d’éco-énergétique et de productique d’Aquitaine), lors de la journée Coop’Inspiration dédiée à la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Organisée par la Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine, cette journée avait pour but de réunir des acteurs de l’agro-alimentaire, de la coopération et du social, pour réfléchir aux meilleures pistes à développer ou inventer contre le gaspillage alimentaire.
Car – heureusement – des actions existent déjà. « La Lutte commence dès la plantation, étape que l’on planifie pour limiter les pertes de production« , explique Agnès de Carrère, chargée de mission Alimentation et territoire à la Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine. « À Auraïa, nous fonctionnons en partie en flux tirés ; c’est-à-dire que nous nous calons avec les producteurs pour savoir exactement ce que nous plantons, en fonction notamment de la demande. On fait ainsi porter les risques – climatiques ou énergétiques – sur l’ensemble des acteurs de la filière« , précise Yann Rosales, directeur industriel branche fruits et légumes à Tomates d’Aquitaine.
En amont et en aval
En aval également, des associations travaillent en partenariat avec les entreprises de l’agro-alimentaire ou les agriculteurs directement.
« Nous avons lancé la plateforme Agridon pour permettre aux agriculteurs de faire don des produits qu’ils n’ont pas réussi à vendre. Nous répertorions les lots, relayons l’offre aux associations d’aide alimentaire et organisons la logistique« , détaille Céline Verkest, coordinatrice pour Solaal Nouvelle-Aquitaine. L’association travaille à 90 % avec des producteurs de fruits et légumes. et a distribué l’équivalent de 90 millions de repas depuis sa création en 2013.
La Banque alimentaire, elle, travaille aussi avec des entreprises telles que Blason d’or, spécialisée dans la volaille. Depuis trois ans, c’est 25 tonnes de produits qui sont récupérées par l’association chaque année. « Nous ne quémandons pas, ni ne prenons les déchets d’une filière pour les distribuer ailleurs ; nous disons « Nous pouvons faire des choses ensemble »« , assure Thierry Cagnon, secrétaire général de la Banque alimentaire Nouvelle-Aquitaine.