[Interview] La journée du 15 octobre est la dernière d’une série de trois, toutes organisées par Gwendoline Borloz, animatrice de la Fédération départementale des Cuma de Dordogne. Elle en déroule le programme.
Pourquoi avoir opté pour une dernière journée technique dans les vignes ?
Gwendoline Borloz : Pour ces journées, nous avons essayé de prendre à chaque fois des thématiques selon le secteur géographique. Après, nous allons aussi tourner tous les ans et en faire un peu partout. Cette fois, le thème « Vignes et sols » peut sembler un peu vague mais nous sommes partis sur une notion assez large pour diversifier les matériels et les intervenants. Par ailleurs, j’essaie aussi d’apporter un peu de nouveauté. Donc, je programme toujours des notions qui sont dans les basiques de l’agriculture ou de la viticulture, et j’ajoute quelque chose soit d’un petit peu plus innovant soit différent de ce que les agriculteurs ou viticulteurs ont l’habitude de faire. L’idée est d’attirer aussi les curieux, parce que c’est vrai que les « habitués » peuvent se dire que nos journées c’est du « vu et revu ».
Le déroulé se fait cependant toujours sur le même format…
G. B. : Oui. On commence à midi par un casse-croûte avec les partenaires, les agriculteurs et les concessionnaires. C’est vraiment un moment où on échange, où on discute tous les uns les autres. Chacun va vers qui il veut.
J’ai été surprise, surtout la deuxième fois, du succès. Par exemple, des gens sont venus me voir pour me demander où était Groupama. Et ils ont vraiment osé aller rencontrer le représentant pour poser des questions soit pour leur exploitation, soit pour des Cuma. Même des fois, des banques y trouvent leur compte. Des conseillères du Crédit Agricole m’ont dit « Ce nouveau matériel-là, on est contentes, on va pouvoir le voir ». Ce n’est pas forcément le cœur de leur métier, mais elles ont eu vraiment de la curiosité de venir. Elles sont allées échanger avec le concessionnaire qui a amené un matériel spécial. C’est vraiment bénéfique dans les deux sens.
Nous demandons expressément aux partenaires de ne pas tenir de stand avec une chaise, une table et un petit drapeau. On « oblige » les gens à se mélanger et partager. C’est une idée de Bertrand (Langlois, directeur de la FD Cuma Dordogne, ndlr). Au début, je me suis dit « Waouh, c’est risqué ». Et en fait, ça fonctionne très bien. Je pense que le fait qu’il n’y ait pas de stand attitré, les gens osent plus. C’est vraiment chouette.
La partie technique a lieu tout l’après-midi ?
G. B. : Oui, dès 14 h. On commence par une intervention de la Chambre d’agriculture, dans le cadre des rendez-vous de l’agro. On aura creusé une fosse pédologique la veille et Marie-Élise González, la technicienne de la Chambre, va nous expliquer les différentes strates de la terre et toutes les notions d’agronomie. C’est un peu l’agronomie pour les nuls en ce sens que tout le monde va vraiment comprendre ce dont il sera question. Non seulement tous seront capables de comprendre, mais aussi de peut-être lire leur terre. S’ils font un trou, ils pourront dire « Oui, ça, ils en ont parlé. Peut-être qu’on peut faire la même chose ». Un exemple tout bête : comme on fait pour les enfants, c’est d’utiliser de l’acide pour voir si le sol est calcaire ou pas.
La seconde phase théorique avec la Chambre d’agriculture porte sur les couverts végétaux : quelles sont les semences les plus adaptées et les plus simples aussi à faire partir. C’est un quart d’heure, 20 minutes de théorie.
Cette journée est exclusivement théorique ?
G. B. : Non. Je ne voulais pas mettre toute la théorie dès le départ, parce qu’au bout d’un moment, les gens décrochent. Le but, c’est d’alterner de la théorie et des démonstrations. Donc, après la partie agronomie dans la fosse pédagogique, on fera la présentation et démonstration des outils du travail du sol dans la vigne, avec différents concessionnaires qui viennent avec du matériel.
Quatre ou cinq outils différents sont prévus à la démonstration et tout le monde va pouvoir discuter de chacun avec le concessionnaire qui sera là pour le présenter et renseigner. Ce n’est pas nous, Fédération des Cumas, qui allons intervenir sur la technicité de chaque outil.
La seconde session de démonstrations aura lieu après la partie théorique sur les couverts végétaux, avec du matériel de travail du sol et de semis de couverts.
Chaque concessionnaire amène le matériel qu’il peut avoir en stock.
Vous n’avez pas peur qu’il y ait des doublons de matériels ?
G. B. : Il y en aura probablement mais ce n’est pas grave. La Cuma de Daniel Le Naour chez qui nous sommes présentera un décompacteur avec herse rotative et un concessionnaire va sans doute amener un outil du même genre. La Cuma a peut-être ses propres réglages et le concessionnaire proposera sans doute un réglage différent. C’est aussi intéressant de pouvoir faire des comparaisons.
Le but, c’est vraiment de proposer du concret adapté aux limites de chaque viticulteur ; qu’il puisse se dire « Moi, j’ai tel type de terrain, tel type de vigne, tel espacement entre les rangs, cette technique, ce matériel m’intéresse ». Chacun prend les informations dont il a besoin.