Monter au Sommet pour s’évader

Affluence au Sommet de l'élevage, ce mercredi 7 octobre, où le défilé des candidats à la présidentielle a commencé. (Ph. Nelly Fray)

[Cournon-d’Auvergne] La tête dans les nuages qui n’apportent pas suffisamment de pluie, les éleveurs sont allés défendre un élevage français menacé mais performant à Cournon-d’Auvergne, du 6 au 9 octobre.

Viendra ? Viendra pas ? La ministre de l’Agriculture viendra finalement, jeudi 8 octobre, au Sommet de l’élevage, organisé à Cournon-d’Auvergne du 6 au 9 octobre. Mais c’est une autre arrivée, sans cesse ajournée, qui est sur toutes les lèvres. Celle de la pluie, enfin tombée ces dernières heures, mais peut-être de courte durée. C’est ce que craignent les éleveurs, venus en nombre, en visiteurs ou participants, sur le plus grand salon dédié à leurs filières. Une présence pour oublier un peu l’angoisse qui gagne les campagnes : comment nourrir ses bêtes cet hiver alors que les stocks fourragers sont au plus bas ? Et pourtant, elles sont bien là ces vaches qui n’avaient pas pu être exposées l’an dernier au Sommet pour cause d’épizootie de dermatose nodulaire. Cette année, c’est le dérèglement climatique et ses conséquences qui jouent les trouble-fêtes. « On vit sur les stocks de l’année, on modifie nos rations pour qu’elles durent« , explique Mickaël Camus, éleveur à Arnac-la-Poste (87). Cet habitué des concours de la race limousine n’est pas épargné par le stress, malgré les 12 vaches au gabarit hors normes qu’il a conduites sur le ring du National. « On est ici pour s’évader de notre quotidien« , justifie-t-il.

Garder le cap

Même sentiment pour les éleveurs de Dordogne qui participent au Concours national limousin. Ils sont là pour la promotion de la race. « C’est compliqué, on va devoir acheter des aliments, si on en trouve, pour passer l’hiver. Mais on ne va pas arrêter les concours pour autant« , lance Camille Lasternas. Avec son père Olivier, et sa sœur Clara, ils ont obtenu une 3e place pour une vache suitée. « Il faut garder le cap pour les jeunes qui veulent s’installer« , intervient Clara Lasternas, enseignante en zootechnie au lycée agricole de Saint-Yrieix-la-Perche (87).

Entre fierté et découragement, les éleveurs feront acte de présence jusqu’à vendredi et pourront faire remonter leurs doléances et les problématiques spécifiques à leurs filières. Ça tombe bien, les politiques seront nombreux à venir à leur rencontre en cette veille d’élection présidentielle.

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