[transformation] Didier Margouti, agriculteur à Saint-Antoine-de-Breuilh, et Agrobio Périgord créent une filière de maïs bio local pour produire du pop-corn. Le Boulazac Basket Dordogne est le premier client.
Un moulin est en cours d’installation dans le cadre d’un projet en Cuma mis en œuvre avec d’autres agriculteurs pour trier et transformer des céréales à la Ferme des Gardes, à Saint-Antoine-de-Breuilh. Didier Margouti est sur tous les fronts. Depuis quatre ans, il a lancé la production de maïs pour produire du pop-corn. » Le point d’entrée était l’autonomie semencière sur laquelle nous avons travaillé avec Agrobio « , se souvient le volubile agriculteur. Dans les lots de variétés de maïs disponibles, il y en avait pour faire du pop-corn qu’il va cultiver » un peu dans le jardin « , au début.
Pour faire du pop-corn, il faut des variétés spécifiques. Celle mise en culture par l’agriculteur s’appelle arc-en-ciel. Il ne restait plus qu’à trouver une raison d’être à cette production. » Avec Agrobio, nous avons voulu créer une filière « , affirme-t-il. L’alimentation humaine permet de créer un débouché et une valeur ajoutée intéressante. Cette année, il a implanté un peu plus d’un hectare de ce maïs irrigué.
Une vidéo sur Instagram
Puis, un rapprochement inédit s’est produit avec le Boulazac Basket Dordogne. Alexandra Vitrac est conseillère filières et circuits courts à Agrobio Périgord. Son poste, créé depuis un an, vise à mettre en adéquation l’aspect conservation des semences paysannes avec des débouchés commerciaux. » Le marché a toute sa place quand il est pensé avec les valeurs que l’on porte « , selon Didier Margouti.
En février 2026, dans une démarche de recherche et développement, Agrobio Périgord réalise une vidéo avec Stéphane Cuzin, cuisinier de La Table du marché à Bergerac. Diffusée sur Instagram, elle montre des tests de différents modes de cuisson de plusieurs lots de maïs à pop-corn produit à Saint-Antoine-de-Breuilh en 2024 et 2025. Par la magie des réseaux sociaux, les équipes du BBD tombent dessus. Justement, le club avait rencontré des soucis avec un lot de maïs pop-corn. Séduite par cette alternative, Monica Bondue, comptable et responsable des approvisionnements du BBD, se rapproche de l’agriculteur et d’Agrobio.
» On ne nous attend pas vraiment sur le maïs pop-corn. »
Des tests concluants
Au printemps dernier, des tests sont réalisés avec les machines à pop-corn du club sur 70 kg de maïs provenant de chez Didier Margouti. Ils sont concluants. Pour la saison 2026-2027, Didier Margouti va fournir l’intégralité des besoins du BBD en maïs pop-corn. Le retour des clients est bon même si le goût et le croustillant sont différents. Il existe une variabilité, en fonction des lots de maïs, des machines, de la quantité de la matière grasse… » Il faut l’accepter sans pour autant se réfugier derrière pour cacher de la médiocrité technique. L’idée, avec ces variétés, est de ne pas avoir un produit standardisé « , affirme Didier Margouti. Un contenant spécifique devrait voir le jour dans le courant de l’année. Il sera possible d’y trouver une explication de la démarche. » On ne nous attend pas vraiment sur le maïs pop-corn. Cela nous permet de nous rapprocher d’une audience beaucoup plus jeune. En termes de communication, c’est un bon outil « , selon Alexandra Vitrac.
Agrobio s’est rapproché de Ciné Passion pour mettre en place la même démarche dans le réseau des cinémas indépendants. L’association recherche des paysans bio pour intégrer cette filière, ainsi qu’une autre en cours de création. Elle concerne le maïs population pour un débouché en polenta, farine et farine extra-fine comme substitue à l’amidon de maïs.