[Salagnac] L’établissement médico-social de Clairvivre a inauguré, mercredi 17 juin, sa nouvelle chaufferie biomasse au bois.
C’est une nouvelle étape dans la longue histoire de Clairvivre, qui fêtera ses 100 ans en 2033. L’établissement d’accueil et d’accompagnement des adultes en situation de handicap a inauguré sa toute nouvelle chaufferie biomasse, mercredi 17 juin. Une inauguration en grande pompe en présence de la préfète Marie Aubert et des élus départementaux et locaux. Plutôt cocasse, le coupage de ruban pour cette chaufferie s’est fait alors que le thermomètre affichait près de 35 °C dehors.
« Ce projet est né en 2023, du fait du vieillissement de l’ancienne chaudière qui avait près de 40 ans de service. Il fallait réfléchir à un projet d’envergure sachant que notre système de chauffage sert à l’ensemble de l’établissement mais aussi pour les locataires. Le chantier a débuté en septembre 2024 pour une mise en service à l’hiver 2025 », explique Prunelle Bloch, directrice générale de Clairvivre. Comme pour l’ancien équipement, l’équipe dirigeante a fait le choix d’une énergie bois. Désormais, la plaquette déchiquetée vient remplacer la sciure. Ce combustible provient de Saint-Germain-les-Belles, en Haute-Vienne. Le projet comprend la rénovation du réseau de chaleur primaire existant, soit l’équivalent de six kilomètres de tuyaux répartis sur les 130 ha du site. « Il nous reste encore à rénover les 14 sous-stations de chauffage qui sont installées sous les logements en location. Cette nouvelle chaufferie biomasse permet d’améliorer le confort pour le personnel puisque nous avions auparavant huit personnes qui travaillaient en 3×8 sur les saisons de chauffe. Désormais, nous avons deux conducteurs qui peuvent superviser à partir d’une tablette », explique la directrice générale.
Dans chaque logement en location a été installé un module thermique qui permet une gestion personnalisée de la hauteur du chauffage. Le nouveau système chauffe l’eau des sanitaires. « Financièrement, l’enveloppe budgétaire est de 10,8 millions d’euros (M€). Nous avons pu bénéficier d’une subvention de l’Ademe de 2,744 M€. Un dossier de subvention du Fonds européen de développement régional est à l’instruction, mais si celui-ci venait à être refusé, nous serions contraints à l’autofinancement. À signaler aussi que ce projet nous rapporte des certificats d’économie d’énergie (CEE) puisque nous passons sur une énergie biomasse. Cette rétribution va nous permettre de rénover une partie de notre parc locatif. Cette chaufferie biomasse a été conçue pour une puissance de deux fois 1,5 MWh avec un appoint en gaz en cas d’urgence d’une puissance de 5MWh », ajoute la directrice générale. De son côté, l’Ademe a accompagné le projet, depuis l’étude de faisabilité pour un appui technique à l’établissement, jusqu’au dépôt de demande de financement du fonds chaleur. « C’est un dispositif de l’État qui permet de financer les études et les investissements dans le renouvelable : géothermie, biomasse, solaire thermique, réseau de chaleur et récupération de chaleur fatale », précise Aurélie Chevallier, ingénieure transition énergétique chez Ademe Nouvelle-Aquitaine.
« Ce qui diffère des autres projets, c’est qu’il a été conçu en interne et que la chaufferie sera gérée en interne. »
« Ce qui diffère des autres projets, c’est qu’il a été conçu en interne et que la chaufferie sera gérée en interne. Nous avons créé une régie pour l’exploitation que nous avons installée à Clairvivre. Nous gérons la production de chaleur mais aussi la revente à nos clients dont Clairvivre et Périgord Habitat, qui gère les pavillons, entre autres », explique Gérard Rey, responsable de la régie de la chaufferie.
Un amortissement en 35 ans
Historiquement, l’établissement a toujours eu la volonté de porter ses projets et celui-ci ne fait pas exception. Dans le plan de financement, la chaufferie devrait être amortie au bout de 35 ans. « Ce projet s’inscrit dans l’action publique en faveur de l’adaptation des bâtiments au réchauffement climatique. Cette démarche de transition écologique ne fonctionne qu’à la condition que l’on s’y attelle collectivement », a déclaré Marie Aubert, préfète de la Dordogne.
L’une des ambitions de l’État est de porter à 33 % la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’ici à 2030. En ce sens, la chaufferie biomasse de Clairvivre y contribue. « Il faut se satisfaire de ce type de projet car il permet de mettre en avant des savoir-faire locaux. Cette chaufferie entre pleinement dans la politique du Département puisque nous avons à ce jour 90 points de chaleur alimentés par du bois », se réjouit Germinal Peiro, président du Conseil départemental.