Multiplication des marchés

L'association va ouvrir deux marchés supplémentaires, à Ribérac et Beauregard-et-Bassac, pour assurer un maillage au plus près des consommateurs. (Ph. archives Réussir le Périgord)

[Mycosylviculture] L’association Cèpe du Périgord fait le bilan d’une production mise à mal par le changement climatique, mais cherche à renforcer la filière avec des lieux de marchés plus nombreux.

« Je ne tire pas de sonnette d’alarme particulière, mais il va falloir composer avec les évolutions climatiques. » À l’abri de la chaleur, derrière les pierres de la Ferme-auberge de Faye, à Brantôme, Emmanuelle Chignat, présidente de l’association Cèpe du Périgord, pointe du doigt ce qui, depuis plusieurs années maintenant, met à mal la production.

« Depuis sept ou huit ans, nous constatons malheureusement que nous avons plus de demande que d’offre en cèpes« , souligne encore Emmanuelle Chignat. En cause : « Une diminution du volume de production, due tout simplement aux événements climatiques« .

L’assemblée générale de l’association dont elle est présidente, vendredi 29 mai, a en effet permis à ses 160 adhérents, pour une grande majorité propriétaires forestiers, de faire le point sur cette filière particulière, articulée autour d’un produit qui ne se cultive pas. « On ne fait pas pousser les cèpes mais on a trouvé le mot exact : la mycosylviculture. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas la culture du champignon mais l’association de la mycologie et de la sylviculture. Notre but est de continuer à observer et à explorer des pistes de travail pour maintenir nos boletières naturelles, et notre potentiel de production.« 

Les adeptes des cèpes sont donc avant tout des protecteurs des bois. « On ne va pas réinventer l’eau chaude et nous n’avons pas non plus les moyens d’inverser le cours du temps. Mais il faut maintenir un potentiel de bois et d’arbres vivants.« 

Arrivée de transformateurs

En aval, côté commercialisation, l’association est aussi active. « J’espère attirer plus de propriétaires forestiers qui s’intéressent à cette production pour alimenter les marchés. Car on ne peut pas prétendre attirer des restaurateurs prêts à faire 100 km pour venir acheter avec des marchés où il n’y aurait que 500 kg de cèpes.« 

Afin d’assurer un maillage plus complet, Cèpe du Périgord propose également deux sites de marchés supplémentaires. En plus de ceux de Saint-Saud-Lacoussière et Mussidan, il faudra désormais compter sur Ribérac et Beauregard-et-Bassac. « Cette commune est une alternative intéressante pour attirer des producteurs du centre du département, explique la présidente. Et nous voulons ainsi être au plus près des consommateurs. C’est un petit village et je crois aux petits villages. Les gens se déplacent pour se rendre dans cette commune à cinq minutes de la RN 21.« 

Enfin, elle se félicite aussi de compter parmi les adhérents de l’association des transformateurs locaux. « Ils sont arrivés l’an dernier. Il y a un traiteur et plusieurs exploitations qui se mettent à travailler à la ferme. On trouvera désormais des produits transformés, alors que jusqu’à maintenant, c’était mission impossible. » Reste à pouvoir alimenter ces marchés de frais et de produits transformés.

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