[Construction] Les tarifs de rachat de l’électricité photovoltaïque sont en baisse depuis un an. Les bâtiments agricoles du constructeur de charpentes métalliques Goudy sont de plus en plus destinés à l’autoconsommation.
Début 2025, le gouvernement a acté la baisse des tarifs de rachat de l’électricité solaire. Depuis le 1er juillet dernier, pour les installations photovoltaïques entre 36 et 100 kilowatt-crête (kWc), le tarif d’achat de l’énergie injectée est passé de 0,11 €/kWh début 2025 à 0,07 €/kWh à l’heure actuelle. Pour les installations d’une puissance supérieure, c’est désormais l’appel d’offres simplifié qui s’applique.
Chez le constructeur de charpentes métalliques Goudy, installé à Milhac-de-Nontron, ces changements ont eu un impact sur les projets agricoles en cours. « Les agriculteurs qui ont besoin de bâtiments les font sans solaire mais en prévision », note Romuald Laforêt, commercial métreur de l’entreprise. « On pose quand même le bâtiment de manière à ce qu’il soit orienté correctement et avec les sections prévues pour supporter la charge des panneaux photovoltaïques. »
Les ossatures prévues à cet effet, plus robustes, coûtent plus cher, mais certains clients « choisissent d’anticiper », assure Stéphane Petit, dirigeant de Goudy. « Le solaire se réoriente », précise Romuald Laforêt. Si les tarifs repartent à la hausse, « les bâtiments seront prêts à recevoir les panneaux ».
Améliorer la rentabilité
« La rentabilité est amoindrie, mais toujours présente », renchérit Stéphane Petit. Certains agriculteurs, qui ont lancé leur projet avant les annonces gouvernementales, bénéficient de tarifs de rachat bloqués. Pour les autres, « on voit plus souvent des projets qui associent la recouverture de bâtiments existants à la construction du nouveau, pour augmenter la surface et améliorer la rentabilité ». L’entreprise réalise ainsi des études complètes pour le renforcement des anciens bâtiments.
L’autre parade à la baisse des tarifs de rachat est l’autoconsommation, qui gagne du terrain depuis un an. Elle concerne aujourd’hui « neuf projets sur dix », estime Stéphane Petit. Deux voies existent : l’autoconsommation pure, avec ou sans batteries, et l’autoconsommation collective, qui consiste à approvisionner des tiers à proximité immédiate. Dans ce cas, l’électricité produite en surplus est revendue en local, via des agrégateurs.