Elles taillent la route en voiture électrique, pendant 24 h

Les Electric girls prendront la route, le 29 mai prochain, pour 24 h de conduite en voitures électriques, au départ de Montchanin, en Bourgogne, et au profit de l'association RoseUp, qui soutient les malades du cancer. (Ph. L. Lemaire)

[Saint-Aulaye] Deux équipages féminins s’engagent dans un rallye d’endurance de 24 h, en voitures électriques, au profit de RoseUp.

Dans la vie, Aurélia Ernoult, Laurence Mercier et Sophie Petit le confessent volontiers d’une seule voix : elles ne sont pas de grandes conductrices. « Laurence a peur et Sophie est malade en voiture. Et aucune de nous ne connaît les voitures électriques« , avoue Aurélia dans un sourire. Dans cette histoire – qui résonne d’ores et déjà comme une épopée, il n’y a guère que Marilyn Pasquis qui a l’habitude de conduire, qui plus est une voiture électrique.

Alors, pourquoi donc s’infliger de partir en Bourgogne pour participer à un rallye d’endurance de 24 heures en véhicule électrique ?

Tout commence avec une autre conductrice, habituée celle-là aux véhicules électriques (VE) et à rouler longtemps, Cora Martineau. En 2025, son mari, Vincent Martineau, crée le défi 24 h en VE, à Saint-Laurent-sur-Manoire. À l’époque, elle n’y participe pas, à regret. « C’est un univers très masculin. Les associations d’électromobilistes sont à 85 % composées d’hommes. Je me suis dit « Il y a trop d’hommes, il faut mettre un peu de féminité là-dedans ; je vais faire une équipe 100 % féminine »« , raconte-t-elle. Un an plus tard, en partenariat avec l’association Bourgogne VE, Vincent Martineau réitère et lance la seconde édition de son défi, à Montchanin, en terres bourguignonnes, cette fois. Cora cherche des équipières, en trouve deux – Muriel et Raquel – qui font juste le compte pour un équipage autonome (il faut trois conductrices minimum par voiture).

« Mais rouler pour rouler, ça ne m’intéressait pas. Je voulais rouler avec un but. La sœur de Muriel a été touchée par le cancer. Elle avait déjà fait des collectes pour RoseUp, qui est une association d’information, de soutien et de défense des droits des femmes touchées par tout type de cancer. Raquel, ma seconde coéquipière sort d’un cancer. Quant à moi, mes parents et mon beau-père sont tous les trois morts d’un cancer« , relate Cora Martineau qui, par ailleurs, démarche plusieurs marques et concessionnaires pour obtenir un véhicule. « Deux m’ont répondu. » Cora se retrouve ainsi avec une voiture « de trop ». Son mari l’aide à chercher de quoi composer un second équipage, fait passer le mot et dans ses amis, se trouve Marilyn Pasquis.

Marylin aussi conduit une voiture électrique au quotidien. Surtout, elle fait partie, avec Aurélia, Sophie et Laurence, de cette équipe de cinq agentes administratives qui travaillent à la mairie de Saint-Aulaye. La cinquième d’entre elles, c’est Karine. « Elle est touchée par le cancer depuis quelques années. Dix jours avant qu’on apprenne l’existence de ce défi, elle nous a annoncé qu’elle faisait une rechute« , raconte Marylin Pasquis.

« Nous étions bouleversées, choquées. On s’est dit qu’on ne pouvait pas se battre à sa place mais on allait se battre pour elle, différemment, avec ce défi, poursuit Aurélia Ernoult. Nous serons là pour notre amie-collègue et pour toutes les femmes et toutes les personnes qui se battent contre la maladie. Même si l’idée de rester enfermées pendant 24 h en voiture est atroce, on peut au moins faire ça.« 

Série de gages

Le 29 mai, les deux équipages prendront le départ de Montchanin, chacun leur tour. « Le premier est programmé à 18 h puis, toutes les trois minutes, une équipe part, explique Vincent Martineau. Elles ne partent pas toutes en même temps car on relève leur kilométrage au départ, on remet tous les compteurs à zéro, et quand ils arrivent, on note le nouveau kilométrage de la voiture et sa consommation. » Le classement est en effet basé sur le plus grand nombre de kilomètres effectués en 24 heures, « dans le respect du code de la route et sur route ouverte« .

Les équipages peuvent s’arrêter autant de fois qu’ils le souhaitent, recharger, dormir… Mais les Electric girls – tel est leur nom – du Kia PV5 Passenger comme de la Smart #5 Brabus n’ont pas prévu de la jouer comme ça. « Nous allons dormir dans la voiture, à tour de rôle« , affirme Aurélia Ernoult. « Et, au-delà des kilomètres que nous allons accumuler, nous voulons aussi donner de la représentativité à RoseUp. Nous avons prévu de faire des lives depuis l’intérieur des voitures, avec des gages que nous effectuerons en fonction des seuils de collecte atteints« , complète Cora Martineau.

Les Electric girls se sont fixé 2 511 € de collecte, mais elles devraient largement le dépasser. « Nous sommes déjà à 1 800 € et une soirée grillades est organisée vendredi, avec la municipalité qui nous a grandement soutenues et le restaurant Le régal des dieux. Tous les bénéfices iront à RoseUp« , se réjouit Aurélia Ernoult.

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