[Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac] Gisèle Musy est agricultrice à Rouffignac depuis 2023, où elle développe une ferme pédagogique.
C’est un pari réussi. Gisèle Musy est arrivée en Dordogne en 2023 avec un projet touristique dans ses cartons. Originaire de Thionville, en Moselle, cette agricultrice raconte avoir eu un coup de cœur à la fois pour la région mais aussi pour la propriété sur laquelle est née la Fermette du Pérougord. Le nom de son exploitation ne vient pas par hasard puisqu’il s’agit d’une contraction entre le Périgord et le Pérou, l’une des passions de Gisèle Musy.
Officiellement installée en juillet 2023, elle développe une activité de ferme découverte et d’hébergement touristique avec son compagnon, Marc Monedero. Ensemble, ils élèvent des alpagas, des poules, des chèvres, des lapins et même des lamas. « Nous avons des animaux pour le plaisir car nous sommes homologués ferme pédagogique depuis mai 2025. En terme agricole, nous avons un atelier d’élevage dans lequel on transforme la laine des alpagas », explique l’exploitante. Ses huit alpagas sont tondus une fois par an, au printemps, et la matière première sert à la fabrication de vêtements.
« Je récupère les toisons et je les trie avant de les envoyer en filature à Vichy ou en Corrèze. Cette laine revient ensuite à Périgueux pour y être tricotée. Tout ce processus prend au moins une année avant d’arriver au produit fini. C’est une laine qui est beaucoup plus chaude que celle du mouton, elle est très douce, elle ne pique pas et elle est hypoallergénique », précise Gisèle Musy. Elle récupère environ 1,5 kg de laine dite de première qualité qui est utilisée pour la transformation. Le reste peut être transformé en feutre ou dans du rembourrage et, de manière plus rare, comme matériau isolant. « Je valorise aussi la laine de mes lamas mais la qualité est plus aléatoire. Si elle n’est pas assez qualitative, on peut la mélanger avec de la laine de mouton pour fabriquer des semelles en laine. Mais si c’est satisfaisant, elle peut être transformée en pelotes. Les alpagas eux, sont nourris à l’herbe, au foin produit sur la ferme et avec des granulés spécifiques à cette race », détaille-t-elle. Les sacs, bonnets et autres vêtements sont vendus dans une boutique installée sur la ferme mais aussi au marché de Rouffignac. En parallèle, Gisèle Musy développe aussi un atelier avec 95 poules pondeuses qui produisent en moyenne 80 œufs par jour.
« La laine d’alpaga est très douce, elle ne pique pas et elle est hypoallergénique. »
« Nous avons fait le choix d’être en bio pour cet atelier, d’abord pour l’éthique et le bien-être animal. Les poules sont dans un bâtiment de 20 m2 dans lequel nous pourrions mettre 120 poules. À ce jour, cet atelier fonctionne très bien, la demande est forte sur ce produit », explique Gisèle Musy. Ces œufs sont également vendus au marché de Rouffignac les dimanches.
Des visites toute l’année
Gisèle Musy propose pour les particuliers des visites de la ferme pendant les vacances scolaires. Elles peuvent se faire sur réservation, librement le matin et guidées l’après-midi. Pour les visites libres, les clients prennent un plan de la propriété et ils disposent de deux heures où ils peuvent découvrir les animaux à leur rythme. S’il y a des enfants, Gisèle Musy accompagne quand même les visiteurs pour qu’ils puissent nourrir les bêtes. « Pour les visites guidées, j’explique dans le détail la fabrication de la laine et nous entrons dans les enclos des animaux », précise l’exploitante. Cette dernière peut compter sur la force du réseau Bienvenue à la Ferme pour promouvoir ses visites et elle participe régulièrement à des salons comme Made in France organisé à la fin de l’année dernière à Périgueux.
Gisèle Musy s’est fait également accompagner pour la mise en place de son atelier poules par le réseau Initiative Périgord, qui lui a accordé un prêt d’honneur. En octobre dernier, elle a participé au concours Initiative au féminin en Nouvelle-Aquitaine. Elle a eu la chance de remporter le premier prix dans la catégorie Agriculture et aquaculture. « Les 1 000 € que nous avons reçus ont servi à acheter un nouveau lama », explique-t-elle avec le sourire.
Par ailleurs, elle et son conjoint ont beaucoup investi pour pouvoir développer l’activité : « Lorsque nous sommes arrivés, il a fallu construire toutes les clôtures et mettre en place les abris pour les animaux. Au niveau des hébergements, nous avons créé une chambre d’hôtes qui n’existait pas. Et puis, nous avons aussi investi dans une caravane pour proposer un hébergement insolite », explique l’exploitante. Autant d’activités qui lui permettent de diversifier ses revenus et de vivre de son métier.