Les maladies animent les débats

À la tribune, Manon Pisani, éleveuse, Jean-Yves Gauchot, vétérinaire, et Nicolas Corboz, directeur du GDS, ont fait le point sur la DNC mais aussi la tuberculose bovine. (Ph. L. Lemaire)

[Sanitaire] L’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs, qui s’est tenue vendredi 6 mars, a fait la part belle aux inquiétudes liées aux maladies qui touchent les élevages, et aux questions des indemnisations.

Voilà plusieurs semaines que l’on n’a plus reçu d’alerte angoissante signalant un « nouveau cas de… ». Quel que soit le nom qui suivait, les nouvelles dans ce cas n’étaient pas bonnes. Donc, en Dordogne comme ailleurs en France, pas de nouveaux cas de grippe aviaire, de DNC ou de tuberculose bovine.

La question sanitaire était pourtant au cœur des discussions, lors de l’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs de Dordogne, vendredi 6 mars, au Pôle interconsulaire de Coulounieix-Chamiers. Outre la partie statutaire pour le moins classique, où Simon Tarrade, secrétaire général, a notamment projeté le syndicat dans les mois à venir avec l’incontournable rendez-vous de Terre en fête (25 et 26 juillet, à Vanxains), les échanges se sont concentrés sur les témoignages des quatre intervenants de la table ronde : Manon Pisani, éleveuse dans les Pyrénées-Atlantiques, Jean-Yves Gauchot, président de la Fédération nationale des syndicats vétérinaires, Nicolas Corboz, directeur du GDS 24 et Franck Massonat, vice-président des Jeunes Agriculteurs de Savoie, où la DNC a frappé le plus fort en France.

« La maladie est arrivée en juin, chez nous, a témoigné ce dernier. Les vaches étaient toutes dehors, les troupeaux collés les uns aux autres… tout était là pour que la DNC se propage vite. Ce qui nous a sauvés, qui a calmé le plus vite la maladie, ç’a été d’appliquer les protocoles vétérinaires. » Il a fallu abattre très vite et en masse, certes. Mais ce fut le moyen de lutter contre une propagation qui se fait à bas bruit, via les animaux asymptomatiques. « Un éleveur a tardé à abattre et c’est comme ça que ça a pris de l’ampleur, analyse Jean-Yves Gauchot. L’issue a été positive en Savoie pas parce que les éleveurs sont plus dociles mais parce qu’ils ont compris l’aspect scientifique qui justifiait les abattages. Si le couple vétérinaire/éleveurs ne fonctionne pas, ça met le feu.« 

La maladie met du temps à s’installer mais une fois là, elle provoque beaucoup de dégâts. « C’est pourquoi il faut vacciner sur un cheptel sain. Si vous vaccinez sur un cheptel asymptomatique, vous ne ferez que courir après la maladie« , assure Jean-Yves Gauchot.

En Savoie, l’heure est au repeuplement. « Tous ceux qui ont fait abattre ont retrouvé des bêtes dans les départements voisins ou même en Savoie et font du lait aujourd’hui« , s’est réjoui Franck Massonat.

La triple peine

En Dordogne, c’est la turbeculose bovine qui inquiète. « Elle est là depuis des années. Malgré la prophylaxie, ça reste une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous les éleveurs« , rappelle Arthur Galinat, président des Jeunes Agriculteurs de Dordogne.

D’autant que la fiscalité sur les indemnisations les pénalise. « C’est la triple peine. On perd son élevage, on n’est jamais indemnisé comme il faut et, pour couronner le tout, les résultats « exceptionnels » que représentent ces indemnisations rentrent dans les calculs fiscaux et on est imposé dessus« , détaille Manon Pisani, qui assure travailler à « sortir les volumes d’abattage de l’assiette pour que les éleveurs ne soient pas fiscalisés ni « socialisés » sur cette part, et puissent recapitaliser leur troupeau. Nous avons presque réussi ; ça devrait être le cas pour 2026.« 

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