[Artisanat] Benjamin Batoca a ouvert sa boucherie à Prigonrieux en 2025. Le boucher de 26 ans s’attache à défendre les circuits courts, le fait maison et la qualité du service rendu aux clients.
» Je voulais faire ce métier comme je l’entendais. « Benjamin Batoca est un jeune entrepreneur dynamique aux idées bien arrêtées. En septembre 2025, il a ouvert sa boucherie, rue de la Résistance à Prigonrieux, juste à côté de la boulangerie Au fournil prigontin. Le jeune homme de 26 ans affiche son contentement de pouvoir voler de ses propres ailes même s’il reconnaît, forcément, que la pression est différente de celle qu’il avait lorsqu’il était salarié.
Né à Bergerac, il s’oriente vers la boucherie à l’âge de 14 ans. » J’ai découvert le métier en faisant un stage en classe de troisième « , raconte-t-il. Il a commencé son cursus par un CAP boucher au CFA de Boulazac avant de poursuivre par un brevet professionnel. Il a débuté son apprentissage dans un petit magasin Carrefour. Puis, il a longtemps évolué au sein de la boucherie Lazinière, à Prigonrieux.
Avant de s’installer à son compte, il a passé deux ans comme responsable de la boucherie du Rond-point à Boulazac. » C’est là-bas que j’ai appris la gestion et la partie administrative. J’ai toujours voulu entreprendre. Je voulais le faire sur le secteur du Bergeracois car, avec ma compagne, nous sommes d’ici. Je ne me voyais pas redevenir salarié même pour un salaire correct. Je voulais faire ce métier comme je l’entendais « , raconte-t-il.
Des travaux
Il loue un bâtiment de 100 m2 qu’il a rénové. Il appartient aux propriétaires de la boulangerie voisine. Le lieu avait déjà été une boucherie. » Je cherchais un emplacement où il y avait de la visibilité et un parking. Quand j’ai repris, il a fallu réaliser beaucoup de travaux « , indique-t-il. Il a dû acheter tout le matériel nécessaire. Pour investir, en plus de ses économies et d’un crédit bancaire, il a bénéficié d’un prêt à taux zéro d’Initiative Périgord qui en a fait un de ses projets coups de cœur. Le boucher a investi 175 000 € au total. Il emploie trois personnes. Il a recruté des personnes qui partagent sa philosophie de travail. » Pour l’instant, la taille de ma boucherie me va. Je veux rester à échelle humaine et assurer la qualité « , affirme-t-il.
Benjamin Batoca insiste bien sur la nécessité de valoriser la totalité des bêtes qu’il achète. » En travaillant intelligemment, on doit éviter des pertes. Si on perd 10 % par carcasse, cela veut dire que toutes les dix vaches, il y en a une qui est perdue ! « Il souhaite valoriser le terroir, le travail des éleveurs et le circuit court. » Nous ne faisons pas de rachat de pièces de viande à l’extérieur. Nous restons sur nos carcasses que l’on optimise. Cela nous permet d’afficher des prix un peu plus attractifs et de garantir la qualité aux clients. «
Viser la perfection
Le jeune boucher achète des animaux essentiellement en Dordogne et un peu en Corrèze, en passant par des intermédiaires qui lui assurent une sélection selon les critères souhaités. Il a une exigence de qualité précise sur laquelle il dit ne pas déroger. Un écran placé dans la boucherie indique les lieux de provenance des animaux. » Cette semaine, la viande de bœuf et le veau viennent de Montignac, Les agneaux sont de Montpon, le porc, du Bugue. Ce ne sont pas toujours les mêmes fournisseurs car la qualité prime « , insiste-t-il. Il veut des bêtes bien conformées (classées très bonne minimum) avec la présence de muscle et une bonne teneur en gras pour le goût de la viande. » Il faut de la régularité dans la qualité, insiste-t-il. Au prix où est la viande, il ne faut pas que l’on soit plus cher qu’en grande surface et la qualité doit être au rendez-vous. «
Le jeune boucher met en avant la qualité de l’accueil et les compétences de ses salariés. » Si vous prenez un rôti de bœuf, vous repartez avec une étiquette indiquant le temps et le mode de cuisson sans le demander. Je veux que ce soit parfait quand les gens viennent chez nous « , explique-t-il.
La charcuterie est au maximum faite maison. » Nous voulons proposer des produits sains, avec du sel et du poivre, et les moins transformés possible « , explique-t-il. Il propose des marinades avec des huiles et des épices. Quand il ne réalise pas un produit, il s’attache à déléguer la fabrication à des artisans dont il connaît le savoir-faire. » C’est la boucherie du Rond-Point où je bossais qui réalise le jambon blanc et le boudin « , précise-t-il. Il évoque quelques produits phares comme le saucisson à l’ail, le fricandeau, le boudin noir, le jambon blanc sans nitrite. Comme toute boucherie aujourd’hui, la partie traiteur occupe une bonne place et occupe pas mal du temps de l’activité avec quelques plats emblématiques comme le gratin dauphinois, les cordons-bleus artisanaux, les tomates farcies ou les lasagnes. Il propose aussi des colis de viande qui plaisent bien, en particulier aux familles.