[Interview] Le National limousin, organisé la semaine dernière au Sommet de l’élevage, a mobilisé moins d’élevages mais plus de bovins. Olivier Lasternas, président de France Limousin Sélection, pense déjà au prochain.
Quel bilan faites-vous de ce concours national bovins limousins qui a été organisé quatre jours durant, du mardi 6 au vendredi 9 octobre au Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand ?
Malgré le contexte, les éleveurs ont joué le jeu. Si on compare à 2023, le dernier National limousin qui s’est déroulé ici, au Zénith d’Auvergne, à Cournon dans le cadre du Sommet de l’élevage, il y a eu plus de vaches, 400 au lieu de 380 en 2023. Par contre, il y a eu moins d’élevages présents, 130 exactement au lieu de 160. Clairement les problèmes climatiques, partout en France, sont en cause. Les éleveurs n’ont pas le moral, ils ne se déplacent pas. Mais ceux qui l’ont fait, ont montré ce qu’ils savaient faire. On a vu durant le concours une exceptionnelle qualité de présentation des bovins. Ces champions illustrent la pertinence des orientations raciales qui collent aux fondamentaux de la race. Lors de la vente aux enchères qui a suivi les concours, on a pu mesurer que cette qualité de notre génétique était reconnue partout dans le monde. Parmi les acheteurs, beaucoup d’étrangers venus acheter de la génétique limousine française. Les 16 élevages qui ont mis des animaux en vente ont réalisé un produit global de 12 300 euros. C’est un record.
Les éleveurs sélectionneurs de la race limousine seraient les exceptions qui confirment la règle ou ont-ils souffert eux aussi des effets du climat ?
Non, on ne fait pas exception à la règle et on est victime, comme tous les agriculteurs, des canicules et sécheresses à répétition, en particulier les dernières de cet été. Nous redoutons des décapitalisations en masse dans les troupeaux. Chez certains sélectionneurs, mais aussi et surtout chez les producteurs de viande qui sont nos clients. S’ils ne vont pas bien, on ne vendra pas notre génétique. Il y a une dynamique, qui était en mouvement ces derniers mois avec des cours plutôt hauts, qui s’essouffle. Alors, c’est vrai, au niveau du Herd-Book et de la vente des bovins à haut potentiel, nous avons enregistré des résultats exceptionnels l’an dernier, mais là que va-t-il se passer s’il y a une arrivée massive d’animaux sur le marché du fait des décapitalisations ? Nous avons beaucoup d’inquiétudes relatives à ces prochains mois.
« Si les producteurs de viande ne vont pas bien, on ne vendra pas notre génétique. »
Et pourtant la filière prépare son prochain grand rendez-vous puisque la fin d’un concours national sonne l’annonce du prochain…
En effet, le prochain Concours national limousin aura lieu les 24, 25 et 26 septembre 2027 au Haras d’Arnac-Pompadour, en Corrèze. Comme c’est la cité du cheval, nous allons profiter de sa notoriété pour organiser une grande fête autour des équins, en plus de mettre en avant nos plus beaux animaux sélectionnés partout en France. Il y aura des démonstrations de débardages avec des chevaux et de multiples animations en lien avec les équins. Nous sommes fiers d’organiser cet évènement en Corrèze, qui n’avait pas reçu le National limousin depuis 19 ans, et de bénéficier d’un site aussi prestigieux de 500 places pour promouvoir l’excellence des bovins limousins.