Les vigies de nos forêts

Louis Goudonnet, agent de surveillance forestier à la DFCI va être mobilisé dans les prochains jours aux côtés de ses collègues en Gironde. (Ph. Th. Mercier)

[Engagement] L’association de Défense des forêts contre l’incendie est une organisation qui vient en appui des pompiers pour la prévention des incendies. Une force opérationnelle présente aussi en Dordogne.

« Nous travaillons toujours en binôme pour les missions de surveillance. » Elle est un rouage essentiel dans la prévention des feux de forêt dans notre région. L’association régionale de Défense des forêts contre l’incendie (DFCI) en Aquitaine a été créée pour aménager les pistes en forêts afin de favoriser le passage des sapeurs-pompiers, informer afin de sensibiliser le grand public et les professionnels au risque des feux de forêt et aux bons comportements à adopter et, enfin, innover par la conduite d’études et d’analyses contribuant à l’amélioration de la protection de la forêt.

La DFCI en Nouvelle-Aquitaine a un maillage de 210 associations ou syndicats réparties sur toute la région. C’est le cas de la Dordogne avec le syndicat mixte ouvert de Défense de la forêt française contre les incendies et de voirie forestière (SMO DFCI).

« Il existe trois types de public au sein de notre syndicat. D’abord les élus issus des communes, des intercommunalités ou du Conseil départemental. Ce sont eux qui administrent notre structure. Ensuite, les deux salariés du syndicat plus les trois autres agents embauchés par la Région suite aux incendies de 2022. Enfin, les bénévoles qui sont issus des communes. Ils sont les yeux du Service d’incendie et de secours (Sdis) », explique Michel Campagnaud, président du SMO DFCI de Dordogne. Il devrait y avoir environ 1 000 bénévoles d’ici la fin de l’année.

Des guides dans le brasier

Ces vigies de la forêt agissent comme des guides pour les sapeurs-pompiers en cas d’intervention puisqu’ils ont parfois une connaissance plus importante du secteur. Ils peuvent prévenir les soldats du feu des zones difficilement praticables ou roulantes avec des véhicules mais aussi la présence de retenues d’eau.

Certains de ces bénévoles sont formés au patrouillage. Il en existe 150 dans le département.

« Nous travaillons toujours en binôme pour les missions de surveillance de toutes les activités qui pourraient exister sur les chemins forestiers. Nous échangeons beaucoup avec les utilisateurs de la forêt pour faire de la prévention des risques d’incendie. Et puis, nous sommes formés pour intervenir sur un feu naissant en attendant l’arrivée du Sdis », explique Sébastien Pichon, patrouilleur bénévole à la DFCI Dordogne.

Un travail de veille important

Au-delà de ces patrouilles, les salariés DFCI, eux, effectuent des relevés de stress hydrique, qui consiste à prélever quelques branches de troène et de genévrier. Ce sont des plantes dites indicatrices et l’objectif est d’évaluer leur teneur en eau.

« Nous effectuons ces relevés tous les mardis, du 15 juin au 15 septembre entre 12 h et 13 h. Ce qui permet d’avoir une photographie précise du niveau de dégradation ou non de la forêt. Ces résultats sont ensuite communiqués tous les mercredis lors de la réunion avec la préfecture et les pompiers. C’est un outil d’aide à la décision », explique Louis Goudonnet, agent de surveillance forestier de l’association régionale de la DFCI de Nouvelle-Aquitaine.

Trois zones de relevés ont été définies dans le département : la forêt de Campagne, Montpon-Ménestérol et à Chalagnac. « En plus de ces relevés, nous analysons le taux de matière sèche sur dix espèces ligneuses. Car lorsqu’il y a un feu, ce qui brûle le plus vite c’est la matière sèche. Ce sont des analyses mises en place dans le Sud-Est depuis trois ans et testées pour la première fois cette année en Dordogne », ajoute-t-il.

300 000 € de budget

« Nous avons un budget de fonctionnement de 300 000 €, ce qui n’est pas énorme. Nous percevons 380 000 € de cotisations et nous en gardons 80 000 € pour faire face à nos charges. À ce jour, nous avons près d’un million d’euros d’investissement pour réaliser des travaux de pistes forestières à raison de 15 km par an. Il faut savoir que pour 1 km, il nous faut 70 000 €, financé à 80 % par l’Union européenne et la Région Nouvelle-Aquitaine », explique Michel Campagnaud.

Alors, plus que jamais, son syndicat a besoin de soutien humain et financier pour mener à bien ses missions.

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