[Entretien] Jean-Roland Lavergne, président du Syndicat national des producteurs de châtaignes (SNPC), fait le point sur le développement de la filière et l’importance du salon Tech-Châtaigne dans ce contexte.
Quelle est l’importance d’un salon comme Tech-Châtaigne les 18 et 19 septembre pour les producteurs et la filière dans son ensemble ?
Jean-Roland Lavergne : C’est un moment où les producteurs de toutes les régions se retrouvent pour échanger sur les enjeux de la filière. Nous associons également les opérateurs. La manifestation qui se déroule au lycée professionnel de La Faye, à Saint-Yrieix-la-Perche (87), a aussi pour vocation de séduire de futurs agriculteurs. Il faut convaincre des jeunes pour qu’ils cultivent cet arbre qui demande de l’attention.
Quels sont les freins à l’essor de la production de châtaignes en France ?
J-R. L. : L’impact du changement climatique joue un rôle majeur. Il fera l’objet d’une conférence à Tech-Châtaigne, le 18 septembre. Nous avons enchaîné des étés particulièrement chauds. Les vergers qui n’ont pas droit à un minimum d’irrigation sont très mal. Cette année, la production irriguée se présente particulièrement bien. Avec un peu d’eau, les châtaigniers résistent bien à la chaleur. Nous sommes en train de faire du génotypage afin de connaître l’ADN de nos vieux châtaigniers, dont certains ont plus de 200 ans. Nous avions sélectionné des variétés par rapport à la productivité et l’attrait du fruit sur le plan commercial. Aujourd’hui, nous devons être plus attentifs dans nos choix et voir comment nos arbres peuvent résister à certains paramètres comme la sécheresse. L’irrigation devient un parcours du combattant pour réaliser des retenues collinaires alors qu’il nous faudrait de l’eau à des moments cruciaux pour nos vergers.
Qu’en est-il des maladies ?
J-R. L. : Nous avons la pourriture, notamment. Le CTIFL proposera une présentation des recherches en cours, le 18 septembre à Tech-Châtaigne. Des solutions émergent. Cela se joue aux vergers par des méthodes de conduite culturale. Concernant la conservation des fruits post-récolte, il faut les mettre dans des réfrigérateurs. La vigilance reste toujours de mise concernant la maladie de l’encre et le chancre.
La transformation et la commercialisation sont d’autres aspects sur lesquels la filière travaille ?
J-R. L. : Des dossiers sont en préparation pour demander des aides au niveau européen. Nous préparons un plan de communication national. Si nous voulons faire consommer de la châtaigne, nous devons nous bouger davantage que ce que nous le faisons actuellement. Par ailleurs, on observe de plus en plus de producteurs qui font de la transformation, notamment en Dordogne.
Vous êtes président du Syndicat national des producteurs de châtaignes (SNPC) depuis presque trois ans. Quel est le rôle de cette organisation ?
J-R. L. : Les adhérents au SNPC sont des structures comme des syndicats ou des associations de producteurs en France. La présidence est tournante tous les trois ans. Je termine mon mandat en avril 2027. Nous travaillons sur deux principaux sujets. D’abord, l’état sanitaire des vergers et des fruits. L’autre sujet important est la structuration économique nationale. Nous ne ferons peut-être pas une AOPn (Association d’organisations de producteurs nationale) car nous sommes dans une logique de travail avec les metteurs en marché et les transformateurs. C’est une démarche de filière qui rassemble tous les acteurs alors qu’une AOPn regroupe essentiellement des producteurs.