La préfecture hausse le ton

Les motos saisies sont détruites en quelques minutes. Les matériaux sont ensuite recyclés par l'entreprise Sirmet. (Ph. Th. M.)

[Délinquance] Une opération de destruction de motos saisies lors de rodéos a été menée, jeudi 26 février, à l’entreprise Sirmet. Objectif : marquer les esprits des délinquants routiers et montrer la détermination de l’État.

Affirmer sa fermeté face aux comportements routiers dangereux. Tel était l’objectif de l’opération de destruction de véhicules conduite par la préfecture, jeudi 26 février, à l’entreprise Sirmet, à Boulazac-Isle-Manoire.

Ces véhicules, essentiellement des motos, ont été saisis dans le cadre de procédures judiciaires liées à des rodéos urbains. La grosse pince de l’entreprise Sirmet se saisit de la moto et la dépose dans le broyeur juste à côté. Il ne faut qu’une poignée de secondes à cette machine pour écraser l’engin et l’envoyer dans des bacs de tri.

« Nous saisissons une quinzaine de motos par an dans le cadre de contrôles routiers et depuis 2024, ce sont près de 500 opérations qui ont été menées sur ce type de délinquance. La loi nous permet de saisir ces engins et de les détruire s’ils ne sont pas réclamés par leurs propriétaires dans un délai de 30 jours », détaille Marie Aubert, préfète de la Dordogne.

Un message fort

À travers cette opération, la préfecture souhaite marquer les esprits et adresser un message clair à destination des conducteurs de deux-roues. « Attention, si vous avez des comportements qui ne sont pas conformes au droit routier et qui provoquent des risques pour l’ensemble des usagers de la route, alors vos véhicules pourront faire l’objet de destruction », martèle Marie Aubert. Les voitures saisies peuvent être redonnées aux forces de l’ordre pour qu’elles servent de véhicules banalisés, ce qui n’est pas le cas des motos.

« L’auteur d’un rodéo urbain encourt un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. Néanmoins, il existe des circonstances aggravantes : si le rodéo est commis en réunion, la peine est de deux ans de prison. La peine peut être amenée à cinq ans s’il y a plusieurs circonstances aggravantes comme l’usage de stupéfiants », explique le commissaire divisionnaire de la police nationale de Périgueux, Charles-Régis Allégri. Pour ce dernier, le but de ces destructions est de diminuer ces rodéos urbains « en démontrant à leurs auteurs à la fois les risques judiciaires mais aussi financiers ».

De son côté, la société Sirmet chargée de l’opération de destruction, valorise les matériaux de ces deux-roues. « Une fois que la moto est broyée, nous envoyons les matériaux sur des lignes de tri pour nous permettre, en interne d’aller valoriser chaque matière : le plastique, l’inox, le cuivre et la ferraille. Une fois ce tri effectué, l’ensemble est envoyé en fonderie pour fabriquer de nouveau de la matière neuve. Il s’agit d’un cercle vertueux dans lequel aucune matière ne se perd », explique à son tour Romain Poujade, directeur régional de la société Sirmet.

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