[Pastoralisme] À Coly-Saint-Amand, Anne Bacou, installée depuis 2019, fait paître ses 90 brebis, en liberté ou en enclos, dans des parcelles gérées par l’AFPL (Association foncière pastorale libre) Le Randal.
Contrairement aux idées reçues, les brebis d’Anne Bacou « ne sont pas des débroussailleuses. Elles vont aider à défricher, à entretenir, mais on n’est pas là pour faire de la remise en état. » Installée depuis 2019, la bergère ne réduit pas ses 90 rouges du Roussillon à des outils. Cette race rustique, qui permet à la fois de faire du lait et de la viande, est cependant parfaite pour remplir le contrat passé avec l’AFPL (Association foncière pastorale libre) Le Randal.
« En migration, elles ont des grandes pattes, elles marchent vite. Et elles peuvent engranger une masse énorme de nourriture très pauvre et grossir dessus, contrairement à la plupart des moutons de race à viande, à qui il faut de l’herbe très verte et très belle. C’est une race qui fonctionne bien sur ce territoire« , reconnaît Anne Bacou.
Chaque jour, l’éleveuse, qui entretient aussi une ferme équestre et assure des remplacements de professeure, vient vérifier que son troupeau de brebis se porte bien. « De toute façon, il y a la chienne (un patou, ndlr) à nourrir et il faut leur donner à boire, car elles mangent du sec. Et je les change de parc ou j’agrandis l’existant dès qu’elles n’ont plus à manger. » Car la bergère installe des clôtures en fonction des possibilités du terrain pour faire pâturer les brebis la nuit et lorsqu’elle ou son mari, avec qui elle est installée, ne travaillent pas à la ferme.
« Quand nous sommes là, nous lâchons les moutons en liberté et nous restons sur place pour les garder avec les chiens. Nous les suivons avec le GPS. Une brebis en a un. Les autres restent à peu près toutes autour d’elles, en troupeau.«
Pour Anne Bacou, pratiquer le pastoralisme est une autre façon de valoriser son élevage. « Nous aimons nos brebis. On ne fait pas ça que pour la viande. Entretenir le territoire, c’est aussi ne pas les élever que pour les amener à l’abattoir. » Et contribuer à empêcher la fermeture des espaces.