[Budget] Le financement des centres de santé et de bourses pour aider les infirmières à se spécialiser a fait l’objet de débats au Conseil départemental lors du vote de la décision modificative du budget, lundi 22 juin.
« Le but n’est pas de rapporter de l’argent », ont martelé plusieurs élus, lundi 22 juin, à propos du centre de santé départemental. Lors des débats autour de la décision modificative du budget du Département, Christophe Rousseau pointait le déficit de 72 000 € enregistré en 2025 « malgré un nombre de médecins supplémentaires et une revalorisation des actes ». Avec 9,7 équivalents temps plein en 2025, selon les calculs de l’élu du canton Bergerac 1, « on arrive à moins de trois actes par heure. Avec des dépenses administratives qui nous paraissent très importantes, nous avons à la fois un problème d’augmentation des frais généraux plus un problème d’activité, estime-t-il. Il faut corriger cela puisque moins le déficit sera grand, plus on pourra investir au bénéfice des habitants. »
« La santé n’est pas quelque chose qui se quantifie d’un point de vue financier, lui oppose Frédéric Delmarès, vice-président en charge de la Santé et élu du canton Bergerac 2. Le salariat est une offre indispensable pour lutter contre la désertification médicale. » « On ne va pas se plaindre que des médecins prennent le temps d’examiner leurs patients », appuie Germinal Peiro. Pour le président de l’assemblée départementale, « on défend un service public qui rend service à des milliers de patients en Dordogne qui n’auraient pas de médecins sans ça ». Jacques Ranoux, élu du canton de Saint-Astier, a rappelé combien les professions libérales consultées en amont du projet de création d’un centre de santé à Saint-Léon-sur-l’Isle, ont encouragé la démarche.
Bourse d’étude
« Ils nous ont dit « allez-y, nous, on n’en peut plus ». C’est une plus-value énorme pour le territoire. » Ce nouvel équipement doit ouvrir en septembre prochain. « On n’a pas dit qu’il ne fallait pas de centres de santé, mais qu’il fallait une meilleure gestion », réagit Francine Bourra, élue du canton du Haut Périgord noir. Les deux groupes d’opposition se sont abstenus de voter la délibération concernant le budget du centre départemental de santé.
Les élus ont aussi décidé, cette fois à l’unanimité, d’accorder une bourse d’étude pour les infirmiers en pratique de soins avancés (IPA). Le dispositif, déjà existant pour les étudiants en médecine générale ou de spécialité et en odontologie, a ainsi été élargi.
Pour devenir IPA et acquérir les compétences techniques nécessaires permettant de faire notamment des prescriptions médicales ou des examens complémentaires et ainsi venir soulager les médecins traitants, les infirmiers doivent effectuer deux ans de formation supplémentaires, après deux ans de pratique. « Cela leur impose d’arrêter leur activité pour se former », a souligné Christophe Rousseau. « Si on ne les aide pas, il y a peu de chances qu’ils y arrivent », abonde Frédéric Delmarès. Le Département octroiera donc désormais 200 € par mois pendant deux ans, soit 4 800 € au total, dans la limite de cinq bourses par an, aux candidats qui en feront la demande. Ces derniers devront, en contrepartie, s’engager à exercer cinq ans en zone prioritaire en Dordogne après l’obtention de leur diplôme. « C’est un geste symbolique mais qui témoigne de notre volonté d’aider les Périgourdins à mieux se soigner », indique Germinal Peiro.