Des perspectives fragiles

Lors des vœux de la CMA 24, plusieurs artisans du département ont été récompensés pour leur engagement. (Ph. L. R.)

[Artisanat] Les vœux de la Chambre de métiers et de l’artisanat ont été l’occasion de faire le point sur un contexte tendu pour les entreprises du secteur et des inquiétudes sur l’avenir de l’accompagnement.

2025 aura été marquée par l’instabilité politique et à l’heure de se prêter à l’exercice traditionnel des vœux pour 2026, le président de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) de Nouvelle-Aquitaine, Gérard Gomez, ainsi que son homologue en Dordogne, Didier Gouraud, n’ont pu qu’appeler à l’apaisement. « Le contexte mondial influe sur le budget de la France et l’argent dépensé à armer notre pays aurait pu servir à développer l’apprentissage », a déploré Didier Gouraud, lundi 19 janvier, devant le public venu assister à la cérémonie de vœux de la chambre consulaire.

Le lendemain, Gérard Gomez esquissait devant la presse les perspectives « fragiles » de l’année 2026 pour les entreprises artisanales de la région. Au premier rang de ses préoccupations pour le réseau CMA, la taxe pour frais de fonctionnement, acquittée par les artisans, « qui fait l’objet de prélèvements successifs par l’État, avec une partie qui nous revient qui diminue d’année en année », alerte-t-il, s’inquiétant ainsi de la diminution des moyens des chambres pour « maintenir le service de proximité et l’accompagnement aux artisans ». « Cela risque de nous amener rapidement dans l’impasse. »

Axe stratégique

La création d’entreprises reste dynamique dans la région, avec 23 425 nouvelles structures enregistrées en 2025 parmi lesquelles la part des micro-entreprises ne cesse de progresser (77 %). Ce constat suscite des inquiétudes, notamment sur la pérennité de ces entreprises. « Seules 28 % des micro-entreprises enregistrées en 2018 étaient encore en activité cinq ans plus tard », note Gérard Gomez.

Selon une enquête de conjoncture réalisée auprès d’un échantillon d’artisans de la région, 39 % d’entre eux déclarent avoir du mal à vivre uniquement de leur activité, ce que le président de la CMA-NA corrèle au nombre de micro-entreprises. « Les entrepreneurs n’ont plus la connaissance de base de ce qu’est une entreprise, notamment depuis la suppression du stage obligatoire à la gestion, au moment de se lancer. Mais créer une entreprise n’est pas un loisir ! », rappelle-t-il. Pour pallier cette lacune, le réseau CMA réfléchit avec plusieurs partenaires à la mise en place d’un « passeport pour entreprendre ».

Enfin, concernant l’apprentissage, « axe stratégique majeur et levier essentiel » selon Didier Gouraud, « nous devons continuer à apporter des solutions au plus près des territoires, puisque beaucoup d’entreprises vont être transmises dans les prochaines années ; il va falloir former des jeunes », prévient Gérard Gomez. Il souhaite ainsi que l’apprentissage soit traité par l’État « comme un investissement stratégique et non comme une dépense à réduire ».

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