Auteur : Lucie Roth
Publié : jeudi 17 février 2022

Construction bois. À Bergerac, la menuiserie Azélan diversifie son activité en se lançant dans la charpente et les murs à l’isolation biosourcée. Son nouveau bâtiment fait partie des prochains chantiers.

 

Charpentes

éco-conçues 

 

À La Faurie Sud, à Bergerac, une mutation d’importance est en cours. D’ici la fin de l’année, le site de la menuiserie Azélan n’aura plus du tout la même allure, avec un bâtiment flambant neuf qui remplacera les locaux vétustes et le préfabriqué accueillant aujourd’hui les bureaux de l’entreprise. Ce projet de modernisation s’inscrit dans des préoccupations à la fois environnementales et économiques. Le nouveau bâtiment doit permettre d’atteindre des performances élevées en termes d’isolation et d’économies d’énergie. 

Plus grand, il doit aussi contribuer à augmenter les capacités de production de l’entreprise, spécialisée dans l’agencement d’espaces intérieurs et extérieurs en bois. Elle conçoit et fabrique notamment des rayonnages pour les jardineries et magasins bio. Elle propose aussi un accompagnement complet pour les porteurs de projet d’épiceries vrac. « Nous nous attachons à avoir un modèle le plus vertueux possible en faisant de l’éco-conception, avec un approvisionnement français et du bois massif pour une meilleure traçabilité. C’est plus sain à fabriquer, il rejette moins de composés volatils et il est recyclable en fin de vie : il peut être réutilisé ou transformé en bûchettes pour le chauffage », explique le chargé de communication de l’entreprise. 

Les nouveaux locaux seront construits selon cette même logique : labellisé “cradle to cradle” (“du berceau au berceau”), le bâtiment qui sortira de terre sera entièrement recyclable. « Le permis a été déposé, nous n’attendons plus que sa validation. Le chantier devrait s’achever d’ici fin décembre », précise Christine Roy, directrice d’Azélan.

Fondée en 1962, l’entreprise est une habituée du changement. Plusieurs directions se sont succédé au cours de son existence. À l’origine seulement scierie, elle est passée à l’assemblage de meubles pour de grandes enseignes en 1998, puis les ateliers de menuiserie Latisse de Bergerac y ont été transférés, en 2006, avant le rachat par le groupe Ultéria, son actuel propriétaire, en 2015. 

 

Chantiers d’envergure

 

Depuis un an, sous la houlette d’Ultéria, Azélan développe une nouvelle expertise : la fabrication de charpentes et la construction bois, avec des murs dont l’isolation est réalisée à base de matériaux biosourcés, comme la paille. « C’est un matériau sain, une ressource locale et un très bon isolant », note Christine Roy. La menuiserie a bénéficié d’une subvention de la Région pour l’achat d’outillage destiné à cette diversification de l’activité. Une première machine est arrivée en juin. Au total, entre l’achat de machines et la rénovation des locaux, l’investissement est de 800 000 € en 2021.

Azélan a d’ores et déjà remporté plusieurs appels d’offres d’envergure : l’entreprise bergeracoise intervient notamment pour la Société de réalisation immobilière et d’aménagement (SRIA) de l’université de Bordeaux. Dans ce cadre, Azélan doit réaliser une partie de la charpente, mais aussi un abri à vélos de 150 m2 et des ombrières pour le campus de Talence.

Le nouveau bâtiment de l’entreprise, de 2 100 m2 et 11 mètres de haut, sera plus adapté à cette nouvelle activité que les divers hangars dans lesquels les 30 salariés du site bergeracois opèrent aujourd’hui. « Il permettra de mutualiser à la fois l’agencement de magasins et la construction de murs », note la directrice d’Azélan. Avant de fabriquer leurs propres ateliers, les salariés spécialement formés à la construction bois et à l’isolation paille et laine de bois, auront l’occasion de s’exercer en réalisant une première maison, ainsi que les bâtiments d’une école Montessori qui doit voir le jour sur le site bourguignon d’Ultéria. 

Désormais, pour Azélan l’enjeu est de « nous faire connaître pour notre savoir-faire de constructeurs de murs biosourcés », prévoit la directrice. L’objectif est de multiplier par dix le chiffre d’affaires sur l’activité charpente d’ici cinq ans et de recruter, pour passer de 30 à 42 personnes à Bergerac en 2024. 


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