Auteur : Lucie Roth
Publié : jeudi 18 mars 2021

 

Bilan. La Chambre de commerce vient d’établir le baromètre économique du département en 2020. Il reflète les effets de la pandémie qui a rythmé l’année passée et se poursuit en ce début 2021.

 

 2020, l’économie en eaux troubles

 

> Artisanat de production, commerce, industrie, services

Après un premier semestre marqué par le violent coup d’arrêt du premier confinement, l’activité économique est repartie en Dordogne au
deuxième semestre 2020... jusqu’au confinement du mois d’octobre, ses fermetures administratives et le couvre-feu qui a suivi, ralentissant à nouveau le flux de clientèle pour les entreprises. Malgré tout, les restrictions moins sévères qu’au premier semestre et les diverses stratégies mises en place pour compenser la perte de chiffre d’affaires (vente à emporter, diversification...) ont limité la casse. 

La situation reste toutefois fragile. Durant l’année 2020, la Chambre de commerce et d’industrie relève un « très léger fléchissement de la création d’entreprises », de l’ordre de 4 %. Sur l’ensemble du territoire de la Dordogne, les difficultés sont ressenties de façon diverse : aucun territoire ne s’en sort mieux qu’un autre globalement. Mais le Périgord noir a connu un fort impact au niveau des pertes d’emploi, quand le Périgord blanc a mieux maîtrisé la trésorerie et les commandes en cours, par exemple. 

 

Inquiétudes pour l’avenir

Concernant 2021, malgré l’arrivée du vaccin, la crise sanitaire paraît encore loin d’être jugulée. Les pertes d’activité et les conséquences financières continuent d’être importantes en ce début d’année. Pour l’avenir proche, le secteur des cafés-hôtels-restaurants, mais aussi la production artisanale, ne cachent pas leur inquiétude. Certains anticipent déjà de fortes dégradations des ventes, avec des répercussions importantes sur la trésorerie et les marges. En conséquence, les chefs d’entreprise restent prudents pour les dépenses d’investissement : seuls 20 % prévoient d’investir dans l’année à venir. 

Après une année 2020 chaotique, le BTP apparaît comme le secteur avec le plus d’espoir de reprise. Petites comme grosses structures anticipent une augmentation des commandes et donc du chiffre d’affaires, avec des conséquences positives sur la trésorerie et l’emploi. 

 

> Agriculture : toutes les filières perturbées

Pour eux, pas de télétravail pendant le premier confinement, lorsqu’il a été généralisé. Quand on travaille le vivant, au grand air, difficile de le faire derrière un écran. Pour autant, si l’activité s’est poursuivie, l’agriculture n’en a pas moins été touchée par les retombées de la pandémie, qui a perturbé les marchés de toutes les filières. 

Pour certains secteurs du département, comme la fraise, la difficulté a consisté à recruter lors du pic de production, en plein confinement, d’autant qu’une partie de la main-d’œuvre habituelle est issue de l’étranger et que les frontières étaient fermées. Ce retard a heureusement pu être comblé par la suite. Ceux qui écoulent leur production principalement en restauration hors domicile ou auprès des touristes ont également été impactés : suppression des marchés et événements estivaux habituels, baisse de la fréquentation touristique... 

La météo a fait des siennes, perturbant les filières végétales, notamment le blé, dont la surface totale récoltée en 2020 est en baisse de près de 40 % en Dordogne par rapport à l’année précédente. Alors que les conditions climatiques estivales ont entraîné des vendanges en avance de 10 à 15 jours, les récoltes de noix, pommes et châtaignes ont été touchées par les précipitations continues à partir du 20 septembre. Heureusement, l’automne 2020 a été plus favorable aux semis de cultures d’hiver 2021.

La crise a toutefois eu un effet positif : la vente directe, qui a connu un essor à la faveur du premier confinement, semble se maintenir dans cette dynamique. 

 

RETROUVEZ LA SUITE DANS NOTRE ÉDITION DU 19 MARS, PAGE 14 ET 15.


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