Auteur : Aurélien Tournier
Publié : jeudi 26 novembre 2020

Agroalimentaire. La brasserie artisanale, implantée à Nontron, s’apprête à investir de nouveaux locaux. Elle veut aussi acquérir des équipements et développer son portefeuille clients.

 

Les 2 Ours vont déménager

 

C’est l’histoire d’une rencontre à l’Institut français des boissons, de la brasserie et de la malterie (IFBM). Deux élèves allaient devenir deux amis, et plus tard deux associés. « Deux gars qui aimaient bien faire la fête, un peu bruts, ronchons », évoque l’un d’eux, Gauthier Bourgy. La brasserie “Les 2 Ours” sera créée en juillet 2017. « De nombreuses bâtisses ont été visitées. Nous avons trouvé notre bonheur à Nontron, dans un ancien atelier de menuiserie. Ce local nous a beaucoup plu pour le lancement de notre activité, il était grand et pas cher. Nous allions être tranquilles les trois premières années. » Des cuves de production, un concasseur (afin de broyer le malt) ainsi que des fermenteurs feront notamment partie des premiers investissements. Coût global des différents équipements :  près de 120 000 €. Depuis, la brasserie artisanale produit chaque année entre 400 & 450 hl, et commercialise une vingtaine de références.

 

Objectif 1 200 hl

 

Sauf que les trois premières années sont désormais passées. Il faudrait pousser les murs, et plus particulièrement le plafond. « Financièrement, on s’en sort pas mal. Aujourd’hui, si on veut se développer, il faut accroître la capacité de production (passer à 1 200 hl d’ici deux ans NDLR) et améliorer le process de conditionnement. » C’est dans ce contexte que l’entreprise devrait investir dès l’été prochain de nouveaux locaux situés à Saint-Médard-de-Mussidan. « Nous gardons la même surface au sol, à savoir 550 m2. Mais nous aurons 8 mètres de hauteur, contre à peine 3 actuellement. » Bref, les fermenteurs pourront être plus hauts ; les brasseurs pourront aussi stocker davantage.

La ligne d’embouteillage sera pour sa part entièrement automatisée. À l’heure actuelle, il faut 2,5 jours par semaine pour réaliser cette étape. Demain, elle le sera en 2,5 heures. Montant total des investissements : environ 100 000 € (dont 80 000 € pour l’embouteillage).

 

Des bouteilles... et bientôt des fûts

 

Le temps gagné sur le conditionnement permettra de se concentrer sur l’activité commerciale. Aujourd’hui, la distribution se fait uniquement en bouteilles et non en fûts. « Il y a une grosse demande en bouteilles. C’est d’ailleurs ce qui nous a sauvés pendant le confinement, les magasins alimentaires ayant bien fonctionné. Si nous n’avions eu que des fûts, nous nous serions cassé la figure. » Un choix qui concourt également à la notoriété de l’entreprise. « On voit la bouteille, l’étiquette. Lorsqu’une personne se rend par exemple dans un bar, il demande une pression. Mais elle ne sait pas si c’est l’une de nos bières ou non. »

Néanmoins, parmi les leviers de développement figure bien le segment des fûts. « Nous souhaitons doubler la distribution de bouteilles (à 800 hl) et commercialiser 400 hl de bières en pression. » Il faut dire que le fût rapporte davantage d’argent. Car la bouteille coûte cher. Au-delà du contenant, il y a l’impression des étiquettes, le conditionnement, la manutention, etc. « Avec un fût, il y a moins de paramètres à prendre en compte. Et c’est 30 litres. On gagne davantage. »

 

Un partenariat avec Taïwan

 

Développer le portefeuille client reste aussi un axe de travail. La brasserie commercialise aujourd’hui ses produits auprès des cafés, hôtels et restaurants (CHR), de cavistes (la brasserie leur a d’ailleurs créé une gamme dédiée) ou encore des magasins alimentaires de proximité. La vente directe n’est pas non plus écartée. D’autant que cette dernière permet de gagner en valeur ajoutée. « Il faut vendre beaucoup de volume pour que notre activité soit viable. » La brasserie n’a en revanche pas choisi le débouché de la grande distribution. Une question d’image, mais pas seulement. « Certains de nos clients ne pourront pas s’aligner face aux tarifs appliqués dans de grandes enseignes. »

Ces bières sont aujourd’hui commercialisées dans tout l’Hexagone. Et qu’on se le dise, ce n’est pas forcément à Nontron que la brasserie vend le plus. « Nous devons être quatre ou cinq brasseurs en Périgord vert. Il faut trouver des débouchés et ceux-ci se trouvent partout. » La brasserie artisanale n’hésite donc pas à multiplier les collaborations. Un partenariat avec Taïwan pourrait même être envisagé.


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