Créé : jeudi 12 novembre 2020

Santé. Les structures hospitalières se coordonnent pour faire face à la montée du nombre de malades de la Covid-19 tout en maintenant la prise en charge de patients prioritaires et leurs opérations chirurgicales.

 

Assurer la continuité des soins

 

Ce que le gouvernement redoutait le plus arrive inexorablement dans plusieurs départements de France : la déprogrammation d’opérations dites “non-urgentes” dans les établissements hospitaliers. En Dordogne où l’on assiste à une « très forte augmentation des indicateurs de circulation du virus », les autorités sanitaires ont décidé d’une déprogrammation progressive doublée d’une étroite collaboration entre les différentes structures hospitalières. « Nous adoptons une stratégie de continuité des soins, en ajustant au jour le jour en fonction de l’évolution de la situation », assure Marie-Ange Perulli, directrice de la délégation territoriale de l’ARS (Agence régionale de santé).

Concrètement, cela signifie une réorganisation globale de plusieurs services dans les hôpitaux du département : le Centre hospitalier (CH) de Périgueux, l’hôpital privé Francheville, la clinique du Parc ainsi que les hôpitaux de Bergerac et Sarlat. « Le partenariat entre les différents établissements permet une déprogrammation équitable. Il n’y a pas un seul établissement qui déprogramme toute son activité », commente Marie-Ange Perulli. Pierre Malterre, directeur de l’hôpital privé Francheville, renchérit : « La déprogrammation des opérations est raisonnée. Tout ce qui est urgent sera assuré, notamment ce qui relève des pathologies prioritaires de cancérologie, cardiologie ou neurologie, qui n’attendront pas. » Au CH Périgueux, cela représente 40 % de l’activité chirurgicale.

 

Au bord de la saturation

 

Un changement de stratégie par rapport au premier confinement où certains avaient dû faire le sacrifice de toute leur activité. « En tant qu’établissement uniquement chirurgical, nous avions dû fermer complètement pour mettre notre matériel, nos équipements et personnels et disposition, explique
Olivier Touchard de la clinique du Parc à Périgueux. Beaucoup de patients n’avaient pas été pris en charge et nous opérons encore aujourd’hui des gens qui auraient dû l’être pendant le premier confinement. »

Pour éviter cela, tout en faisant face à l’augmentation de patients Covid, la collaboration est de mise. Certains agents passent ainsi en immersion d’une structure à l’autre en fonction des besoins des services. Quatre personnes de la clinique du Parc sont ainsi déployées au CH Périgueux cette semaine.

Avec 71 patients hospitalisés la semaine dernière en raison de la Covid-19, et 13 patients en réanimation au CH de Périgueux, « nous sommes proches de la saturation car nous accueillons un patient Covid par jour », a reconnu Thierry Lefebvre, le directeur. Pierre
Malterre assure cependant que douze lits peuvent être convertis en lits de réanimation à l’hôpital privé Francheville de même que 14 lits supplémentaires en fonction de la demande. « Nous avons libéré un secteur pour cela. » « Nous sommes tous unis pour la prise en charge des patients, qu’ils soient atteints de la Covid ou non », a conclu, positif, Thierry Lefebvre.


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