[Mobilisation] Les bonnets jaunes se sont rassemblés, lundi 5 janvier sur le rond-point de Jardiland et devant la sous-préfecture à Bergerac pour dénoncer le protocole d’abattage de la DNC et alerter sur la situation viticole.
Il faisait près de – 7 °C, lundi 5 janvier vers 19 heures sur le rond-point de Jardiland à Bergerac. Mais ce froid piquant n’a pas découragé la quarantaine d’agriculteurs de la Coordination rurale qui en plus du froid, a bravé l’interdiction de la préfecture de région qui avait suspendu la circulation des tracteurs en cortège.
Après une pause dans la mobilisation, en raison des fêtes de fin d’année, le syndicat souhaitait mettre de nouveau la pression sur l’État au moment même où leurs représentants nationaux étaient reçus par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Les revendications sont bien connues et n’ont pas évolué : les bonnets jaunes dénoncent toujours la gestion faite par l’État de la DNC mais ils comptaient aussi alerter sur la situation difficile que traverse le secteur agricole. « Depuis deux ans, il n’y a rien qui bouge. À Bergerac, la viticulture, ça devient une catastrophe et beaucoup d’agriculteurs ne s’en relèveront pas. Nous souhaitons montrer à nos instances que nous sommes mobilisés. Nous avons laissé les Français tranquilles pendant les fêtes et maintenant, nous ressortons toujours aussi déterminés », explique Julien Fauché, conseiller à la Chambre d’agriculture et membre de la Coordination rurale. À ses côtés, Teddy Faugère, administrateur à la CR 24, abonde : « Le problème, c’est que personne ne veut nous écouter. C’est pourtant simple : ce que l’on veut, c’est avoir du revenu dans nos fermes. Ensuite, l’abattage massif pratiqué dans le cadre de la DNC ne devrait pas exister. Abattre tout un troupeau pour simplement une bête malade, ça ne devrait pas se faire. »
La jeunesse dans la rue
Ce qui frappe, cortège après cortège, c’est la jeunesse dans les rangs des manifestants. Ces jeunes de la CR sont plus déterminés que jamais à se faire entendre pour exercer, malgré les difficultés, ce métier d’agriculteur.
À 19 h 30, ils sont remontés dans les tracteurs, direction le centre-ville de Bergerac. Le convoi s’est ensuite stationné devant les fenêtres de la sous-préfecture pour y déployer une bâche sur laquelle on pouvait lire : « Stop abattage, viti en danger ».
Cette première manifestation de l’année n’est sans doute pas la dernière et le mouvement est amené à s’intensifier, promettent les agriculteurs. « Il va peut-être même se durcir. En face de nous, nous avons des réponses armées. On nous met des CRS, des gendarmes mobiles et on interpelle des gens pour des croix déposées devant des préfectures. Jusqu’à présent, je n’ai jamais vu des paysans armés lors des manifestations et nous n’avons jamais renversé de fourgons de CRS. Nous sommes considérés comme des voyous, donc pour le moment, nous continuons et nous allons nous endurcir », résume Julien Fauché. Au moment où ces agriculteurs se mobilisaient à Bergerac, d’autres se sont rassemblés en toute discrétion à Thiviers, avec pour objectif de rallier la capitale en fin de semaine.